Le festival Musique du Bout du Monde : Jour 2

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Le FMBM a sorti les grosses guitares pour clore sa 2e journée, avec une soirée très rock où les groupes montréalais Galaxie et Half Moon Run ont livré la marchandise. Avant cela, la journée avait déroulé quelques douceurs venues entre autres du Brésil et du Québec.

JOUR 2, vendredi 9 août. – Journée plus clémente aujourd’hui. Le soleil a repris des couleurs, et les festivaliers avec. Aujourd’hui, je découvre la plage Haldimand, située à une dizaine de kilomètres en voiture du centre-ville de Gaspé. Un des trésors cachés de la région, où certains viennent se ressourcer. On les comprend. Ce décor aux effluves de vacances et de large a donné rancard à l’artiste brésilien Diogo Ramos, accompagné d’une grappe de compatriotes, dont la lumineuse Flavia Nascimento, qui a conquis la veille le public de l’Auberge sous les arbres avec sa bonne humeur virale. Difficile de faire plus contagieux que cette femme d’une vitalité débordante, arrivée au Québec il y a une vingtaine d’années. Une pilule contre la morosité que cette artiste souriante et généreuse, toujours prête à faire danser ses auditeurs.

GASPÉ LA BRÉSILIENNE

À Haldimand, le Brésil est un peu chez lui. Le sable, le bruit des vagues, la bonne humeur. Il ne manque alors que le soleil, qui perce par moments la muraille des nuages pour compléter le tableau idyllique. Pas grave, car Diogo Ramos & Larobina ont décidé de le remplacer avec un petit récital mêlant portugais et français. Une des pièces attire mon attention, en particulier son refrain, qui martèle que chanter et danser, c’est bon pour la santé. Comment ne pas être d’accord ? Dans le public, certains corps ont du mal à rester immobiles. On sent flotter le parfum de la communion. C’est bon enfant, bon tout court, métissé et grisant. C’est la vie et la joie conjuguées au présent, sans se soucier de la minute du lendemain.

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Diogo Ramos & Larobina ont fait briller le soleil brésilien sur la plage Haldimand. © Olivier Pierson

AU-DELÀ DE L’OCÉAN

Une heure plus tard, je change de décor, et surtout de registre. Je saute à pieds joints dans le folklore. J’ai rendez-vous avec François Mitterrand, ou plutôt le lieu qui porte son nom, un espace abrité attenant au Musée de la Gaspésie, étape incontournable pour qui veut mieux comprendre cette péninsule grande comme la Belgique, qui s’est nourrie de cultures diverses au cours de sa riche histoire. Le musée reçoit de la grande visite, ou plutôt la Grande Visite. Le petit amphithéâtre qui fait face à la scène est bien garni. Quand Rosalie Deslauriers et Robin Servant font leur apparition, le soleil est revenu au beau fixe. L’atmosphère, comme le cadre, est propice à la détente, avec ses airs de pique-nique improvisé et sa vue plongeante sur le Saint-Laurent. Au-dessus des artistes flottent deux drapeaux, français et québécois, qui ont l’air de résumer l’histoire vécue par ce duo d’une simplicité chaleureuse, séparé par un océan. Rosalie vit à Paris, Robin au Québec. Leur complicité et leur amour pour la musique a eu raison des kilomètres. Qu’importe la distance, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Le violon de Rosalie s’accorde parfaitement avec la guitare et l’accordéon diatonique de Robin. Ensemble, ils revisitent la tradition sur des sentiers irlandais et québécois, le tout mâtiné de compositions originales. Leur musique trad transatlantique, c’est ça.

Le concert rend beaucoup hommage à La Bolduc, pionnière de la chanson au Québec qui a eu droit à un film sur sa vie. Quelques morceaux remaniés font revivre ce personnage hors norme, avec parfois un peu d’humour pour embellir le tout. Comme cet aparté sur la turlutte, sa spécialité [ou l’art de chanter des onomatopées], autrement plus grivoise dans son acception gauloise (fellation). Plus statique que sur la plage Haldimand, le public de l’Espace François-Mitterrand se déride en assistant à une scène amusante. L’œuvre d’une petite fille prénommée Rose, qui porte une robe jaune semblant tout droit sortie d’un conte de fée, où apparaît sur le devant la gueule d’un renard enfantin. Rose a apostrophé Rosalie pour lui dire qu’elle venait de danser, au cas où cette dernière ne l’aurait pas remarquée. C’était cute (mignon) comme on dit au Québec. Une spontanéité rafraîchissante.

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L’Espace François-Mitterrand a vibré au rythme de la musique TRAD, avec la Grande Visite, un duo composé de Rosalie Deslauriers et Robin Servant.. © Olivier Pierson

LE COURANT PASSE AVEC PAPAGROOVE

À peine quatre heures plus tard, je vis un autre moment singulier. Je suis sur le chemin qui me conduit au souper. Il est 17h45 environ lorsque je parviens devant la scène Loto Québec, plantée à côté de l’Hôtel Baker. Le groupe qui s’y produit est du genre magnétique, avec ses cuivres affûtés et son groove endiablé. Le genre à vous faire oublier qu’il y a 5 minutes, votre ventre avait sorti les couverts. Papagroove est venu de Montréal pour faire vibrer Gaspé. Et ça marche. C’est funky, rock, viral comme une grippe. Ça entre par les tympans et ressort par les hanches. Et puis ça prend une tournure inattendue quand une coupure de courant générale réduit le leader et sa bande au silence. Mais pas pour longtemps. Car Papagroove a de la ressource. Les cuivres reprennent de plus belle, avec le renfort des percussions, qui n’ont cure de l’électricité. Le concert prend une autre tournure. Solidaire, le public se rapproche, communie davantage, apporte son soutien en haussant sa participation. De la musique sans effets, sans micro, réduite à sa portion congrue, essentielle, ne comptant que sur l’énergie des artistes pour prolonger la fête et surmonter l’imprévu. Assurément un des moments forts de ce 16e festival Musique du Bout du Monde.

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Papagroove avant la coupure de courant, ce qui n’a pas empêché le groupe de prolonger la fête avec un peu d’improvisation. © Olivier Pierson

GROSSE AMBIANCE SOUS LE CHAPITEAU

Un peu plus tard, le festival se déporte vers le grand chapiteau, où sont programmés les gros shows. Ce soir, c’est rock à volonté, avec des diatribes de guitares pour enflammer les mélomanes. Vers 20h, le groupe Galaxie donne le ton avec une partition solide et des séquences instrumentales explosives et emballantes. C’est corrosif, lourd comme un tank, transe et psychédélique. Bref, ça sonne Galaxie. Certains dans le public se bouchent les oreilles dans cette chevauchée frénétique, comme la veille avec l’OVNI Hubert Lenoir, dont l’énergie volcanique, qu’on aime ou pas sa musique, mérite à elle seule une courbette respectueuse. J’aperçois quelques enfants venus avec leurs parents, les tympans à l’abri sous un casque de protection.

21h30. C’est l’heure du dessert. La foule a grossi. Visiblement, Half Moon Run est très attendu. Le quatuor montréalais ne va pas décevoir son public, intégrant dans son répertoire folk-rock quelques pièces de son nouvel album, le 3e, qui doit sortir bientôt. Une heure et quart plus tard, après un rappel et un rideau baissé sur leur célèbre tube Full Circle, repris à l’unisson par une partie du public, le band s’éclipse, laissant les techniciens démonter le matériel sous une lumière plus crue. La perspective d’un second rappel paraît mal engagée. Mais les revoilà qui réapparaissent, provoquant l’hystérie. Ceux qui avaient commencé à quitter le chapiteau font marche arrière, accourent vers la scène, se pressent devant ce groupe fétiche qui leur accorde un cadeau inattendu. La fin sera monacale. Devon Portielje et ses complices se regroupent autour d’un seul micro pour interpréter une reprise, accompagnés seulement d’une guitare et d’un harmonica. Une petite douceur pour terminer et dire merci à cette vibe gaspésienne si communicative.

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Le groupe Galaxie et son leader Olivier Langevin ont livré tout un show vendredi soir sous le grand chapiteau. © Destination Gaspé

Une fois le show terminé, certains spectateurs se dirigent vers le Brise-Bise pour assister au spectacle des Louanges, programmé à 23h30. L’incontournable bar-resto de Gaspé est pris d’assaut, englouti dans une marée humaine qui promet de longues attentes au comptoir. Un bouchon se forme, l’impressionnant line-up vient à bout de ma patience cacochyme. La journée a été dense. Je suis repu de musique, d’agréables moments, et de cette diversité qui fait tout le sel du FMBM.

Infos : www.musiqueduboutdumode.com

Olivier Pierson

Journaliste depuis une vingtaine d'années, Olivier a œuvré en France au sein de la presse quotidienne régionale, traitant de sujets aussi divers et variés que le sport, la politique ou les faits divers... C'est désormais à la culture et au tourisme de plein air que ce fondu de marche consacre la majeure partie de son temps, toujours friand de découvertes et de rencontres, mais aussi de nouvelles expériences !

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