Pêcher au Québec : des retrouvailles magiques à préparer !

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En ce printemps 2020, s’il est une vertu soumise à rude épreuve, c’est bien la patience. Devoir rester chez soi alors que la nature s’éveille… les pêcheurs connaissent cela par cœur, habitués qu’ils sont au compte à rebours jusqu’à l’ouverture officielle. S’il faudra se montrer encore plus patient cette année, crise sanitaire oblige, le Québec et son gigantesque royaume d’eau douce n’en demeurent pas moins une destination d’excellence pour s’adonner à la pêche sportive dans des décors naturels illimités. On vous explique pourquoi prévoir un trip de pêche au Québec est la meilleure façon qui soit de célébrer nos retrouvailles tant attendues avec les grands espaces et leurs grandes… espèces !

Le Québec, un éden hors norme pour lancer sa ligne

Terre d’eau et de pêche, la Belle Province ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 3,6 millions de plans d’eau douce (lacs, étangs et mares) constellent le territoire québécois, tandis qu’en mettant bout à bout toutes les rivières du Québec – plusieurs millions de kilomètres – on pourrait relier la Terre à la Lune plus de trois fois !

Recouvert d’eau sur près d’un quart de son territoire, le Québec est réputé depuis fort longtemps comme un des temples mondiaux de la pêche sportive. D’abord activité de subsistance puis loisir huppé pour les premiers touristes américains et canadiens qui lorgnaient sur les rivières à saumons, la pêche dans les eaux intérieures du Québec s’est progressivement ouverte à tous et à tous les âges. Dans les parcs, les pourvoiries ou simplement le temps d’un week-end au chalet au bord du lac, on pêche entre amis, en famille, pour le plaisir du geste, celui du contact privilégié avec l’environnement et, éventuellement, celui de se délecter de la finesse d’une belle truite sauvage, parmi tant d’autres espèces à taquiner.

Avant d’explorer l’offre des pourvoiries, découvrir les expériences autochtones et les territoires nordiques, voici quelques conseils pratiques.

Bon à savoir avant d’enfiler les bottes

Tout d’abord, il faut savoir que la règlementation de la pêche sportive en eau douce au Québec est susceptible de varier selon l’endroit. Il convient d’abord de vérifier dans laquelle des vingt-neuf zones qui divisent le territoire québécois est situé le plan d’eau visé. Pour ce faire, une carte interactive est consultable en ligne. Vous pourrez alors vous informer sur les périodes de pêche et les quotas de prises, mais aussi les limites de longueur des poissons selon les espèces, les appâts autorisés ou encore le nombre de lignes possibles pour la pêche blanche en hiver. De plus, les mêmes règles ne s’appliquent pas forcément selon que vous pêchez dans une ZEC (Zone d’exploitation contrôlée), une pourvoirie, un parc national ou une réserve faunique (tous deux gérés par la Sépaq), une aire faunique communautaire (AFC) ou encore un refuge faunique.

À noter aussi que certaines espèces relèvent d’un règlement spécial. C’est le cas du saumon de l’Atlantique, objet d’un suivi étroit sur la centaine de rivières à saumon que compte le Québec. Il faut alors obtenir le permis spécifique, étiqueter chaque poisson gardé (en général pas plus de quatre par saison) et le faire enregistrer officiellement. Pour la majorité des autres espèces, le permis de pêche sportive classique est requis. Vous êtes non-résident du Québec ? Il vous coûtera un peu plus cher qu’aux cousins québécois tout en restant accessible : environ 20 $ pour une journée, environ 33 $ pour 3 jours consécutifs et 50 $ pour une semaine.

Enfin, le gouvernement au Québec met à jour les règles générales de pêche sportive tous les 2 ans. Pour trouver toutes les informations utiles à compter du 1er avril 2020, rendez-vous par ici. Et maintenant, à vos lignes ! Prêts ?

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Pourquoi pas pêcher entre amis cet été ? © Agence Gravel

Pêcher en pourvoirie : nature, tradition et fiabilité

Les pourvoiries québécoises sont à la fois les gardiennes de la tradition et des lieux qui se sont largement ouverts pour séduire toute la famille. Leur histoire remonte aux débuts du tourisme en Amérique du Nord au XIXe siècle, alors que seulement quelques pêcheurs fortunés venaient s’adonner à leur passion avec l’aide de guides autochtones ou de Québécois issus de l’industrie forestière. L’engouement pour ce loisir, les clubs privés allaient vite se multiplier, à l’image du Triton Fish & Game Club – l’actuelle Seigneurie du Triton –, créé en 1893 en Haute-Mauricie et qui compta entre autres célébrités parmi ses hôtes le président américain Theodore Roosevelt. Le phénomène s’intensifiera encore au XXe siècle, allant de pair avec le développement des routes, des transports et la conquête de territoires de plus en plus nordiques. De nombreux établissements toujours en activités voient le jour, rivalisant d’espaces et de services pour les pêcheurs et les chasseurs : le Club Kapitachuan en Abitibi-Témiscamingue, le Domaine Bazinet ou encore la pourvoirie Kan-à-Mouche dans Lanaudière font partie de ces pionniers. Dans la dernière partie du XXe siècle, les pourvoyeurs québécois s’imposent définitivement comme les experts de leurs vastes territoires, proposant des lieux de villégiature en nature où pratiquer une multitude d’activités : des destinations idéales pour se mettre au vert en famille ou entre amis. L’envergure des terrains de jeu défie souvent l’imagination. Kenauk Nature, en Outaouais, déploie par exemple un territoire de 260 km2 et pas moins de 65 lacs abritant truites, dorés, achigans et brochets… Rustiques ou luxueuses, les pourvoiries constituent à présent le plus grand réseau d’hébergement en milieu naturel au Québec, avec plus de 2 500 chalets et auberges répartis sur tout le territoire.

Affiliées à la Fédération des pourvoiries du Québec, elles sont plus de 300 à accueillir chaque année près d’un demi-million de villégiateurs, dont de plus en plus de femmes et de jeunes.

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Pêcher en famille dans Lanaudière © Domaine Bazinet

Les expériences autochtones pour revenir aux sources

Ancestral et vibrant, l’héritage des traditions des Premières Nations et des Inuit s’incarne dans chacune des 11 Nations et 55 communautés autochtones du Québec.

Comme activité millénaire mais aussi en tant que loisir, la pêche occupe bien sûr un rôle majeur. Ce sont d’ailleurs les Autochtones qui montrèrent aux premiers colons européens comment attraper du poisson en hiver, à travers la glace : la fameuse pêche blanche. De nos jours, qu’il s’agisse de connaissance du terrain, de techniques ou de valeurs telles que le respect de l’animal et de son milieu, ces traditions sont toujours objet de partage et de transmission. En témoignent de nombreuses expériences à vivre auprès des communautés autochtones.

En Basse-Côte-Nord, la communauté d’Unamen Shipu – les Innus de la mer – pratique par exemple la pêche traditionnel au homard à l’aide d’une épuisette. On peut y assister dans le cadre d’un forfait passionnant (« Apinipehekat : l’Aventure en mer » ) proposé de la mi-mai à la mi-septembre. Vous préférez faire mouche vous-mêmes ? Toujours chez les Innus, la Pourvoirie Étamamiou détient les droits exclusifs de pêche au saumon sur la rivière du même nom, un des plus belles du Québec. Elle propose différents forfaits de la fin juin à début août. Près de Québec, les Hurons-Wendats vous convient quant à eux à venir taquiner l’omble de fontaine, ou truite mouchetée, au Secteur Tourilli : un territoire de 400 km2 sillonné par une magnifique rivière et comprenant pas moins de 52 lacs ! Autre destination autochtone prisée pour sa beauté sauvage, son expertise et son abondance en ombles de fontaine : le Club Odanak, situé en Haute-Mauricie. Cette pourvoirie appartenant à la nation Atikamekw s’applique depuis des décennies à une saine gestion de ses seize lacs et étangs, garantissant de belles journées de pêche et de découverte de la culture atikamekw.

Quelques pistes parmi une multitude d’expériences autochtones, à vivre aussi bien en pleine nature que dans les musées, galeries et boutiques ou à la table de certains restaurants.

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La pêche comme mode de vie © Pourvoirie Étamamiou

Nord-du-Québec : la pêche avec un grand P !

Pour faire monter d’un cran le souffle de l’évasion et du combat sportif avec les gros carnassiers québécois, on vous conseille de mettre le cap au Nord. La région Eeyou Istchee Baie-James étend ses immenses espaces vierges entre le 49e et le 55e parallèle, offrant un bain de nordicité boréale inégalable. Vous y trouverez des lacs grands comme des mers, à l’instar du lac Mistassini, le plus grand lac naturel du Québec (2 335 km2).

Gérée par la Nation cries de Mistissini, la réserve faunique des Lacs-Albanel-Mistassini-et-Waconichi est un des très beaux spots de la région pour récolter de magnifiques trophées de truites mouchetées, brochets, dorés et touladis, connus pour leur abondance et leur taille. La Pourvoirie des Camps Mistassini est un autre incontournable. Ici, les guides cris ne sont pas de simples accompagnateurs, ils sont aussi des navigateurs, des cuisiniers, des formateurs qui vous feront progresser et des hôtes agréables – et patients quand c’est nécessaire ! – toujours ravis de partager leur culture ancestrale. Un dernier coup de cœur cri pour la route ? Sans hésiter la pourvoirie Mirage Aventure et son puissant parfum d’évasion nordique.
Mais votre boussole n’a pas dit son dernier mot. Encore plus au nord s’étend le territoire des Inuit, des aurores boréales et des ours polaires… Nombreux sont les pêcheurs sportifs qui tiennent le Nunavik comme « la » destination de pêche sportive la plus folle au monde.

Gorgé d’innombrables lacs et de majestueux cours d’eau où les carnassiers affichent des tailles records, cet immense royaume de taïga et de toundra réserve des combats uniques, notamment aux pêcheurs qui convoitent le mythique omble chevalier de l’Arctique, poisson particulièrement combatif dont la chair est très appréciée des Inuit eux-mêmes. Une espèce qui figure aux côtés de l’omble de fontaine, du saumon de l’Atlantique et du touladi (ou truite grise), également bien présents dans ce Grand Nord où vous aurez l’inestimable sensation d’être le premier humain à pêcher telle rivière ou tel lac. Outre les parcs nationaux du Nunavik, lesquels proposent parfois l’activité et du moins la possibilité d’observer les pêcheurs inuits à l’œuvre, les pourvoiries inuites sont les meilleurs sésames possibles. Trois bonnes adresses dans l’immensité arctique : la compagnie inuite Aventures Arctiques et ses deux camps de pêche très réputés ; le Pavillon Inukshuk, qui borde la baie d’Ungava ; l’Auberge Wedge Hills, qui domine la rivière George, prisée pour la pêche au saumon de l’Atlantique et à la truite mouchetée.

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La pêche au saumon © Wedge Hill

L’éventail des possibilités de pêche dans les régions nordiques du Québec est impressionnant. Pour en savoir plus en quelques clics.

Voilà comment multiplier les belles prises et les souvenirs impérissables ! Si vous craignez l’eau mais souhaitez quand même avoir de belles histoires de pêche au Québec à raconter, on vous recommande enfin l’exposition « Histoires de pêche » proposée par le Musée de la civilisation à Québec jusqu’au 6 septembre 2021. Un bon moyen de mordre à l’hameçon sans se mouiller !

 


Retrouvez le dossier complet de 26 pages sur la pêche au Québec dans notre numéro de printemps en vente ici.

David Lang

Journaliste spécialisé voyage et art de vivre, David se régale avec le Québec depuis près de 15 ans. Après plus de 40 voyages à travers les régions et les saisons de la Belle Province, il devance largement Jacques Cartier et s’avoue toujours aussi bluffé par les expérience et les rencontres à vivre sur ce territoire hors nome. David le rédac’ chef anime une équipe de rédacteurs et de photographes avec qui il partage sa soif de découvertes chez les cousins.

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