Bienvenue en Lanaudière-Mauricie | Ep. #3 : Trois-Rivières et Shawinigan


Parmi les nombreux atouts des régions de Lanaudière et de la Mauricie, il y a un dont on parle peu et qui est pourtant le plus facilement accessible à tous : c'est ce que notre rédacteur en chef David Lang appelle très poétiquement l’urbanité douce. Plongée dans deux villes aussi riches en patrimoine et en culture qu'agréables à visiter : Trois-Rivières et Shawinigan.

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Parmi les nombreux atouts des régions de Lanaudière et de la Mauricie, on a cité l’agrotourisme particulièrement gourmand ; on a découvert aussi des lieux d’hébergement 100% verts et vraiment hors du commun – Petite parenthèse : si vous ne voyez pas de quoi je parle, je vous invite à écouter les deux derniers épisodes de ce podcast. Mais il y a un autre atout dont on parle moins souvent, et qui est pourtant le plus facilement accessible à tous : c’est ce que notre rédacteur en chef David Lang appelle très poétiquement l’urbanité douce dans un article publié récemment sur le blog de Québec Le Mag. Il évoque Terrebonne, Shawinigan, Joliette ou encore Trois-Rivières. C’est-à-dire des villes à taille humaine qui méritent plus qu’une simple pause sur le trajet entre Montréal et Québec. D’ailleurs David, lui, s’y est arrêté avec grand plaisir. Et il nous partage aujourd’hui ses coups de cœur, ses souvenirs et surtout les rencontres qu’il a eu la chance de faire sur place.

Bonjour David !

Bonjour Karim, bonjour tout le monde !

Nous voilà repartis, en effet, sur les routes de Lanaudière et de Mauricie, pour une escapade on ne peut plus facile, accessible en toute saison, qu’on parte de Montréal ou de Québec – qui sont inévitablement vos lieux d’atterrissage si vous arrivez au Québec au départ d’une ville française.

Tu as cité Terrebonne. C’est la première étape que je vous recommande pour ce joli périple urbain. On se trouve à quelques dizaines de kilomètres seulement du centre-ville de Montréal. En route, on n’oublie pas de télécharger l’appli Balado Découverte et d’y chercher “Le Vieux-Terrebonne se raconte”. Avec ce guide audio, on va pouvoir plonger en toute autonomie dans la riche histoire de cette ville vieille de 360 ans, et la plus peuplée de Lanaudière.

Dans ton article, David, tu parles notamment de l’exposition permanente “L’histoire avec un grand T” à la Maison Bélisle, des balades à faire dans la Parc écologique de la Coulée ou dans celui de la Rivière. Et puis tu t’arrêtes sur un coup de cœur : l’Île-des-Moulins.

C’est le clou de la visite, Karim. Un précieux ensemble d’édifices préindustriels, dont de remarquables bâtisses restaurées comme le bureau seigneurial, l’ancienne boulangerie et les moulins à farine, à scie et à carder, mais aussi des expositions retraçant cette prestigieuse histoire. la visite est particulièrement agréable, que ce soit sur l’île ou le long de la rivière bordant le Vieux-Terrebonne.

On reste au bord de l’eau, puisque c’est elle qui, dis-tu, a contribué en grande partie au développement de notre deuxième étape : Joliette, la capitale régionale de Lanaudière.

Joliette qui doit son nom à Barthélemy Joliette, un homme d’affaires qui a inauguré, en 1823, un complexe de moulins au bord de la rivière L’Assomption, ce qui a propulsé l’essor de la foresterie dans la région et fait naître le village d’Industrie, qui deviendra officiellement Joliette en 1864.

On peut se connecter à cette histoire au travers d’un circuit patrimonial bien indiqué dans toute la ville, en 39 étapes.

Mais ce qui interpelle avant tout à Joliette, c’est la place qu’a pris cette petite ville dans le très riche paysage culturel québécois, grâce à deux grands attraits.

Il y a d’abord le le Festival de Lanaudière, l’un des plus prestigieux événement de musique classique au Canada (en juillet) ; et le musée d’art de Joliette. Ce dernier est riche de près de 9 000 œuvres abreuvant quatre grandes thématiques : l’art canadien, l’art européen, l’art contemporain et l’archéologie

De Lanaudière, on bascule en Mauricie pour la deuxième partie de notre road trip – et de ce podcast. Tu nous emmènes pile poil à mi-chemin entre Québec et Montréal, dans la deuxième plus vieille ville francophone d’Amérique du Nord : Trois-Rivières.

Trois-Rivières. Dont le nom porte à confusion puisque la ville est bâtie sur deux cours d’eau : à l’endroit où la rivière Saint-Maurice se jette dans le fleuve Saint-Laurent. En fait, le nom Trois-Rivières fait référence aux trois chenaux qui se forment à l’embouchure du Saint-Maurice, et qui s’écoulent entre l’Île de la Potherie et l’Île Saint-Quentin.  

Trois-Rivières où se trouve l’Amphithéâtre Cogeco, qui accueille régulièrement des artistes de renom et quelques spectacles de haute volée, par exemple les troupes du Cirque du Soleil.Mais Trois-Rivières que tu présentes aussi, et peut-être surtout, comme un véritable musée à ciel ouvert.

Et c’est Jean-Philippe Marcotte, de la compagnie Personare, qui nous fait découvrir le patrimoine de sa ville. Jean-Philippe qui assure, en été, des visites guidées originales de la ville, en costume d’époque. Autant te dire qu’il connaît parfaitement l(histoire de Trois-Rivières. Une histoire qui commence en 1634, sous l’impulsion d’un certain Laviolette… sauf que personne ne sait exactement qui est ce personnage…

La meilleure façon de voir un combat d’hystoriens à Trois-Rivières, c’est de leur demander qui est le Sieur de Laviolette. Il y a plusieurs théories, peu de certitudes. Je crois qu’on doit être rendu à six ou sept théories. Disons deux qui tiennent plus la route.

Vraiment?

Oui. Il y a un vrai mystère autour de qui est la Violette ?

Oui, vraiment. La Violette, un, ce n’est pas un prénom, ce n’est pas un nom de famille. C’est un sobriquet militaire.

OK.

Donc ça, déjà là, ça ne part pas très bien. Écrit dans le catalogue des traits passés, qui est un document qui était maintenu par les Jésuites. Donc là, déjà là, si ça dit simplement Monsieur de la Violette, on comprend qu’il y a une petite ambiguïté.

Les jésuites qui habituellement détaillent nom, prénom, origine…

Certains suspectent justement que probablement que si les jésuites ont… pas écrit complètement, potentiellement que c’est pas un catholique. On aurait noyé le poisson.

On est pas loin d’avoir un Huguenot potentiellement à la tête de la délégation. Ça pourrait être quelque chose, mais encore là, c’est pure spéculation. Surtout si on pense à Québec, on dit toujours Champlain. On occulte complètement Philippe Dugas de Mont. Champlain qui, oui, aussi est un Huguenot, mais qui se présentait à la messe le dimanche, il avait un peu compris.

Donc son nom est Laviolette Mais les seules mentions qu’on a de M. Delaviolette, c’était même pas Sieur Delaviolette, ça sera plus tard qu’on va lui donner son titre de Sieur comme pour le 200e anniversaire de la ville.

Mais en fait, le 1er juillet de 1634, M. Delaviolette arrive avec une équipe pour former le fort de Trois-Rivières. Trois jours plus tard, il est nommé directeur dudit fort. Deux ans plus tard, il est parrain de 2 fillettes. Fin des mentions de son nom. C’est tout. Et ça dit seulement « Monsieur de la Violette ». Ça dit jamais rien d’autre.

C’est un mystère digne du masque de fer.

Oui. Oui, définitivement. On n’a même pas d’indice sur sa région d’origine.

Non, parce, en fait, si on part du sobriquet militaire, si on fait le tour de la colonie à l’époque, vous avez peut-être une douzaine, une quinzaine de personnes qui ont exactement le même sobriquet. Chacun d’entre eux ont un potentiel. En même temps, il faut comprendre la colonie à l’époque. Oui, il y a un poste de traite à Tadoussac. Québec est fondé. Il y a eu Port-Royal qui avait été fait aussi. On est dans les premiers balbutiements. On n’a pas vraiment une installation officielle. Donc, rendu là, N’importe qui qui est peut-être habile d’un marteau aurait pu avoir été mandaté pour venir construire la chose. N’importe quel petit snob qui est ici pour se faire valoir, on aurait pu lui donner les commandes pour justement qu’il soit capable de faire ses classes. Donc les théories sont nombreuses.

Avis aux auditeurs, si l’un d’entre vous a un indice pour faire avancer l’enquête, merci de nous envoyer un message, on fera suivre à Jean-Philippe !

Jean Philippe que tu as suivi, David, pour une visite à voix basse.

Oui. Direction le Vieux-Trois-Rivières. Jean-Philippe nous ouvre les portes du monastère des Ursulines. Un lieu créé en 1687. C’est à la fois un cloître, une école, un hôpital et, aujourd’hui, un musée. Et un lieu qui invite, sinon au silence, au moins à la discrétion…

Donc là, on est vraiment dans la vie monastique. Comme ici, le réfectoire, c’était l’ancienne cafétéria des élèves. Aussitôt qu’on est de l’autre côté, on est dans l’école. Puis ça, c’est la cour intérieure. Le cimetière des religieuses est ici, ils ont les grands jardins en arrière.

Puis le musée fait autant visiter la cour. Puis maintenant, comme les Ursulines sont parties, ils font aussi visiter une portion du cloître. Il y a toujours les cellules, les chambres… Oui, exactement ça. Puis là, présentement, c’est la ville qui est maintenant propriétaire du bâtiment. Donc là, il y a une espèce de projet pour rechanger tout ça, mais ça a déjà été statué qu’elle restait au musée.

Autre découverte marquante, toujours en compagnie de notre guide : la Vieille Prison de Trois-Rivières, qui a été en activité jusqu’en 1986. La visite de cette prison, toujours dans son jus, a un temps été assurée par d’anciens détenus. L’expérience est toujours aussi poignante et éclairante sur le système carcéral et les conditions de détention…

Par ici.

Donc là, si on entre dans la gauche, on entre dans tout le volet comme un peu plus administratif. C’est en quelque sorte comme la cellule de triage.

Donc on rentre ici, en fait, dépendamment quand on rentre ici, on va passer devant le juge à partir du lundi prochain. Si on rentre le vendredi soir, on passe trois jours ici.

Et puis, en fait, tout le monde, sans exception, qui vont se faire arrêter dans la fin de semaine, vont rentrer dans la même cellule. Mais on comprend que c’est ici qu’on va prendre les empreintes, c’est ici qu’on va prendre le portrait, c’est ici qu’on va rencontrer le directeur de la maison. C’est ici qu’on va fournir oreillers, couvertures, vêtements, chaussures.

Dans la prison c’est beaucoup une question d’époque, parce qu’au départ quand la prison est construite, on est encore sous le régime anglais, il y a encore les Traditions anglaises, parce que si il y a un châtiment, on veut que les gens du milieu où le crime a été commis comprennent que justice a été faite. Donc ça, c’est… C’est une époque. Ça date déjà. On est au 19e siècle. La Construction de la prison 1829-1830.

Elle va rester en opération jusqu’à dans les années 90. C’est… C’était vraiment un univers.

Puis là, présentement, on a reconstitué l’équivalent de l’aile des femmes, mais elle n’était pas à l’étage ici, elle était à un étage plus haut.

Présentement, c’est l’administratif qui est là. Donc, contrairement aux cellules des hommes, les femmes avaient vraiment comme chacune leur section à elles. Oui, c’est une grande cellule, mais on vient la séparer de clôture puis de porte. Oui, ça fait des petits cagibis. Oui, vraiment, c’est la largeur d’un lit et demi peut-être, là. Puis c’est la longueur pile-poil d’un lit. En même temps, c’est vraiment pour y passer la nuit.

Une fois que la nuit est faite, vous sortez, puis vous êtes dans les aires publics toute la journée durant. C’est beaucoup la façon de procéder à l’époque. C’est une cellule dans laquelle vous passez la nuit. Une fois que c’est fait, vous allez en sortir, vous allez passer votre journée dans l’aire publique, puis on va vous retourner à l’intérieur de votre cellule pour refaire la nuit.

Puis là, présentement, on est dans la cellule, on est dans l’aile pour les victimes. Quand la prison a été pensée, ou est-ce que chacune des ailes de la prison est de plus en plus oppressante, les plafonds sont plus bas, Oui, on va le sentir beaucoup quand même, c’est difficile à expliquer tant qu’on n’est pas dedans, mais au fur et à mesure qu’on avance, on le sent. On est plus en plein, dans des espaces réduits, sombres. Les murs plus épais, c’est vraiment ça. Ça a été pensé volontairement pour cette raison-là.

Donc oui, on peut imaginer qu’en début de prison, on pouvait se retrouver ici pour une dette impayée. Puis on allait faire quelques jours de prison, on allait retourner chez nous et ça payait l’équivalent de la dette.

Puis si on arrive dans la dernière aile, les condamnés à mort se retrouvaient là. La gradation est un peu là. Mais c’est aussi une époque où on avait encore des cachots. Donc là, cellules de confinement, pas de fenêtres, pas d’ouverture, pas de lumière. Donc si vous ne respectez pas les règles, confinement. Mais on a des vrais donjons au sous-sol. Donc là, c’est comme le prochain niveau.

Puis là, on le remarque, quand on arrive dans la portion centrale, on est en plancher de bois. Donc ça, c’était la portion des gardes. On comprend que le plancher de béton, on ne veut pas qu’on soit capable d’arracher un clou ou quoi que ce soit. Donc là, on est vraiment dans la section des détenus et la portion centrale, c’est les lieux de transition, c’est là où vont se prendre les gardes et tout.

Donc on avait la chapelle à l’intérieur pour les détenus, on avait la maison du directeur de la prison à l’époque qui était à l’étage. Ça, ça a été jusqu’à dans les années 70. Ah oui, le directeur habitait dans sa prison. Et puis là, on le voit même, ils ont fait rajouter l’escalier qui descendait à l’extérieur, parce qu’à la base, l’escalier, c’était l’escalier de l’intérieur.

Donc là, on imagine, on descend avec les enfants, c’est par ici que ça passe pendant qu’on a les cellules de chaque côté. C’était une autre époque. En fait, là, c’est toute l’aile administrative qui est en haut, mais c’était résidence du gouverneur d’un côté, puis l’aile des femmes de l’autre côté.

De la Vieille Prison au Musée Pop, il n’y a littéralement qu’un pas à faire. D’ailleurs, si je ne me trompe pas, on visite les deux sites avec le même billet.

On change radicalement d’univers au Musée Pop qui, à travers des expos toujours étonnantes, nous plonge dans la culture populaire québécoise. Ce jour-là, avec Jean-Philippe, on a fait le tour de l’exposition signature : “Attache ta tuque ! Une virée décoiffante dans la culture québécoise, avec entre autres une installation sonore consacrée aux différents accents du Québec.

SON MUSÉE POP

Enfin, dernière étape dans notre découverte du patrimoine de Trois-Rivières : BORÉALIS. Un musée qu’on aime beaucoup à Québec Le Mag, à la fois innovant et très humain.

Musée que j’ai visité en effet, après avoir enregistré un épisode de podcast à son sujet, ça m’avait rendu curieux de découvrir comment ils sont parvenus à rendre ludique et passionnante la découverte de l’histoire de l’industrie papetière au Québec.

C’est Catherine Lampron-Desaulniers, responsable recherche et collection, de Boréalis, qui nous a dévoilé la nouvelle exposition permanente.  Elle commence par nous rappeler l’endroit où l’on se trouve, c’est-à-dire à même le site de la Canadian International Paper.

J’ai mis ici une image de la CIP, qui était la Canadian International Paper, qui était la plus grosse usine de papier au monde dans les années 1950. Elle a été construite en 1920, ferme ses portes officiellement en 2000 et elle est démolie depuis. Tout ce qui reste, c’est le petit bâtiment en L qui est juste ici. près de la rivière, donc c’est l’ancienne usine de filtration. C’est la filtration d’eau, c’est là. Où on est actuellement.

Donc nous, on est dans le petit bâtiment de la filtration d’eau. Il ne reste plus rien sur le site, outre nous. Donc on était vraiment bien situé près de la rivière Saint-Maurice pour avoir accès à l’eau pour faire le papier.

Donc ici, on prenait l’eau de la rivière, on la nettoyait, puis ensuite, on faisait le papier avec. On était bien situés près de la rivière pour avoir accès au bois, la ressource forestière qui arrive de la Haute-Mauricie, et on était au confluent du fleuve Saint-Laurent pour exporter par la soupe le papier. Donc, on était vraiment bien situés pour ça.

Et on alimentait des grands journaux américains, notamment le New York Times en papier. Donc, les gens étaient très fiers du papier. Ça a été vraiment le plus important moulin à papier du monde au Milieu du 20e siècle. Au plus fort, il y avait un peu plus de 2000 travailleurs.

Donc, il y avait 8 machines à papier, 1 machine à carton, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de production qui était faite. On peut voir aussi sur la carte la proximité du quartier ouvrier. Les gens, au départ, habitaient vraiment collés sur l’usine.

Quand on a démoli l’usine, il y a des gens du quartier qui nous ont dit par la suite que tout d’un coup, ils ont eu l’air frais dans le quartier. Parce que l’usine, c’était comme un mur et ça coupait l’accès à la rivière et tout ça. Donc les gens, tout d’un coup, ont eu accès à l’air, à la rivière.

On visite ensuite l’exposition « Transformations », qui commence sous les anciennes voûtes du réservoir d’eau de l’usine, un endroit impressionnant où l’épopée industrielle de Trois-Rivières nous est contée sous un angle très humain, à travers des personnages qui prennent vie au fil des stations, des projections, des images, des sons et des témoignages de celles et ceux qui ont participé à l’aventure jusqu’à la fermeture de la CIP : 

SON BOREALIS 

Au fil de la visite, on apprend beaucoup sur cette histoire et sur les aspects sociaux, humains et techniques de l’industrie des pâtes et papiers. On va aussi mettre la main à la pâte, en participant à des ateliers et des jeux. Enfin Boréalis ne manque pas de nous sensibiliser aux enjeux actuels, en particulier environnementaux :

L’industrie des pâtes et papiers est aujourd’hui assise sur un héritage de 100 années d’innovation pour produire les produits de consommation qu’on utilise tous les jours.

Mais aujourd’hui, les lumières de projecteurs sont sur elle parce qu’on la voit comme une porteuse de solutions.

Nos habitudes de consommation ont beaucoup changé ces derniers temps. Notre vie va très, très vite. On va plutôt commander des choses sur Internet. On va plutôt aller manger au restaurant et emmener le repas avec nous.

La fibre cellulosique vient nous apporter des moyens de solutions alternatives. La fibre a existé depuis, des fois même avant, le plastique. Mais le plastique a pris le dessus parce qu’il a été produit à faible coût. Donc on en a produit beaucoup.

Aujourd’hui, je pense que c’est un retour à ce qu’on savait faire dès le début, utiliser des sacs en papier, en carton, réutiliser des emballages en fibre cellulosique. Donc c’est plutôt une réinvention de l’emballage, une révolution de l’emballage. Ça évolue vers le zéro déchet.

Voilà pour l’immersion dans l’histoire de Trois-Rivières. On soulignera aussi que la ville accueille chaque année, depuis plus de 40 ans, le Festival international de la Poésie. Et puis qu’elle fourmille d’excellents restos et d’adresses où prendre du bon temps, mention à la microbrasserie Le Temps d’une Pinte. Si on décide d’y rester pour la nuit, où nous conseilles-tu de nous poser David ?

J’ai un faible pour l’Hôtel OUI GO ! (En deux mots, pas comme les trains…) C’est un joli hôtel urbain dans un bâtiment patrimonial, en plein centre de Trois-Rivières.

Adresse notée !

On reprend la route pour aller vers une ville qu’on connaît pour son incontournable Cité de l’énergie, pour sa proximité avec la rivière Saint-Maurice et pour être une porte d’entrée de ce magnifique lieu de nature qu’est le parc national de la Mauricie. Je parle bien sûr de Shawinigan.

Shawi, comme l’appellent ses habitants. Et qui mieux, d’ailleurs, que ses habitants pour nous faire découvrir la vraie Shawinigan ? C’est ce qu’a pensé l’office du Tourisme de la ville, qui met à profit les coups de cœur des habitants eux-mêmes pour nous faire visiter la ville. France fait partie de ces ambassadrices et ambassadeurs, une vraie chuchoteuse de secrets locaux ! Avant de nous guider à la découverte de son Shawi, elle nous parle de ce carnet de coups de cœur des habitants.

À Shawi, le carnet touristique, c’est plus qu’un guide touristique. C’est surtout pas un guide où est-ce que tu vas juste savoir ce qu’il y a à faire à Shawinigan. C’est qu’on a des résidents ambassadeurs qui ont… qui se sont investis, même des citoyens qui se sont investis à donner du temps à l’Office de tourisme pour parler de leurs coups de coeur.

Alors ça se veut un carnet inspirant, qui va être complètement subjectif et qui va dire quels sont les coups de cœur des citoyens. Et bien sûr, il y a une petite section à la fin de répertoire des entreprises touristiques partenaires, mais à la base, ça se veut totalement subjectif et inspirant.

Pour comprendre Shawinigan, il faut se rendre compte de la taille de son territoire  et de son lien très fort avec la nature, notamment avec la rivière Saint-Maurice.

Tu as raison. À notre table ce matin-là, il y a aussi Valérie Lalbin. Cette Française et mauricienne d’adoption n’est autre que la directrice générale de Tourisme Shawinigan, elle est elle aussi une ambassadrice passionnée de sa ville :

Les éléments caractéristiques, vraiment, à mes yeux, à moi, c’est l’eau, la rivière. C’est un territoire. Très grand, très lent. Moi, j’arrondis un peu large, j’arrondis à 1000, parce que 1000, ça met 1000 kilomètres carrés, mais c’est pas 1000 kilomètres carrés, c’est quelque chose comme 800 et quelques. C’est immense. C’est immense. Et sur unceterritoire, il y a le parc national qui à lui tout seul est plus grand que l’île de Montréal. Oui, il fait plus de 535 km carrés.

Mais bon, sur notre territoire, avec ou sans le parc, l’eau et cet accès à l’eau, la rivière Saint-Maurice qui apporte toute l’histoire du développement de la région, à partir des Atikamekw jusqu’à aujourd’hui.

La forêt. La forêt. Mais cette eau et cette forêt sont hyper accessibles. Tantôt, j’ai failli m’arrêter, en parler. Quand on a quitté le bureau, juste avant qu’on prenne la sortie pour embarquer sur la 155 pour venir ici, on est passé devant un petit stationnement qui a l’air banal, banal, banal, ordinaire. Moi, c’est un de mes spots préférés.

En cinq minutes, je suis là. Je vais m’installer sur les rochers. C’est la petite rivière Shawingan. Et puis il y a plein de chutes sur cette rivière. Et au printemps c’est un endroit que j’adore, à l’automne c’est un endroit que j’adore. Selon le débit de l’eau, il y a plus ou moins de surfaces de rochers disponibles. Mais je m’en trouve toujours un, au soleil, et avec le bruit de l’eau et tout. Tu n’entends pas les voitures et tu ne les vois pas. Tu déconnectes, tu n’es plus en ville. Tu es dans un écrin de nature. Et pourtant tu as la sortie d’autoroute.

On part ensuite avec France visiter le cœur villageois de Sainte-Flore, un des berceaux historiques de Shawinigan. Charmant avec ses belles maisons ancestrales et enrobé de campagne bucolique, c’est un quartier très apprécié des épicuriens et des esthètes, qui naviguent entre bonnes tables, cafés conviviaux et galeries d’art. France confirme qu’on se sent vraiment ailleurs à Sainte-Flore :

Autant on peut se retrouver en centre-ville, dans un milieu plus animé, autant en peu de kilomètres, on peut se retrouver dans un endroit comme ça, qui est complètement différent. Où est-ce que là on va avoir des petits restos, où est-ce qu’on va pouvoir marcher, l’aspect un peu plus campagnard, un peu plus bucolique, mais ça c’est… On est peut-être à partir du centre-ville. On s’est retrouvés ici. Oui, puis on fait deux pas de plus et on est là dans la très grande nature. Au parc National de la Mauricie. Tout ça en longeant la rivière. Sans perdre le fil du Saint-Maurice. Non, c’est ça. La rivière est assez omniprésente. En fait, je dirais que le secteur où on la voit le moins, le secteur touristique, ce qu’on la voit le moins, c’est ici, dans le coeur villageois de Sainte-Flore. Mais il y a autre chose qui vient compenser.

Valérie évoquait tout à l’heure son coup de cœur, le parc de la rivière Shawinigan. Pendant ta visite avec France, tu as pu constater que le trajet vers ce lieu vaut déjà, à lui seul, le coup d’œil.

La route du parc national qui fait 62 km. La route promenade, c’est  une route panoramique finalement. Il y a plusieurs belvédères le long de la route qui valent le coup de s’arrêter.

Pour les cyclistes guéris. Il y a des bonnes côtes. Il y a une cinquantaine de bonnes côtes. Quelqu’un me disait récemment qu’il y a 1000 m de dénivelé au total.

Alors voilà, ici c’est le parc de la rivière Shawinigan. Tu vois, quand on passe, ça ne dit pas nécessairement… On ne voit pas nécessairement qu’il y a quelque chose, qu’il y a un petit trésor.

Après cet arrêt, France m’a présenté une multitude de ses endroits coups de cœur à Shawi, plus ou moins secrets. Parmi eux, j’en ai retenu deux : le fameux Trou du Diable, et puis le secteur de Grand-Mère, où France m’a confié un souvenir personnel.

On parle souvent des chutes de Shawinigan, mais ce sont des barrages. Il y a quand même des bonnes périodes dans l’année où est-ce que les barrages sont fermés.

C’est sûr qu’au printemps, si on vient au printemps, C’est couvert d’eau, mes lunettes sont embuées, là. Et à certaines périodes de l’année, le barrage qu’on a devant nous, avec la tour de la Cité d’énergie derrière, alors là, lui, assez souvent, il est quand même ouvert.

Là-bas, c’est plus rare. Donc on imagine que les eaux des deux barrages se rejoignent au printemps et que ça donne un spectacle incroyable. Oui, c’est très impressionnant.

Le fameux Trou du diable, c’est la marmite qu’on retrouve juste ici. Et là, si on tombe là-dedans, on est emporté au fond et on ne revient jamais. Et c’est le diable qui nous entraine au fond. Évidemment, il nous accueille. C’est aussi le nom d’une célèbre Microbrasserie, avec un peu de chance, le diable nous paye une bière une fois qu’on est en bas.

On l’a évoquée en basculant dans ce chapitre sur Shawinigan, David : tu ne pouvais pas t’arrêter là sans visiter la Cité de l’Énergie !

Impossible, en effet. Après avoir remercié France pour cette visite emballante – découvrir une ville à travers les yeux de ses habitants, c’est vraiment le top, j’ai rejoint Richard, qui est Agent de Développement de Médiation-Inclusion à la Cité de l’Énergie, et qui nous a fait visiter le Centre des Sciences. Ça commence par un spectacle multimédia ébouriffant sur le thème de l’énergie, et tout le complexe de la Cité, qui comprend aussi deux centrales hydroélectriques ainsi que le musée Jean-Chrétien qui rassemble des souvenirs et cadeaux diplomatiques de l’ancien ministre et enfant du pays. Impressionnant et passionnant ! 

En rentrant, à votre gauche, vous avez le centre, c’est l’endroit pour les familles. Alors, c’est vraiment pour les jeunes enfants et leurs familles. On a des coussins, c’est très, très prisé des familles et de leurs enfants.

À la droite, on a des expos temporaires. Ici, c’est une exposition qui retrace l’histoire de l’industrie forestière, de l’industrie papetière, puis aussi comment on a qu’on a redonné la santé à la rivière après plus de 100 ans de draves sur la rivière. Parce que finalement la drave s’est arrêtée dans les années 90 ou 95.

Alors vous imaginez tous les billots de bois qui flottent sur la rivière Saint-Maurice, ça part d’aussi loin, plus haut que la Tuque, jusqu’à Trois-Rivières. On voit les conséquences néfastes que ça a fait à la rivière, puis on voit comment on a rétabli étape par étape.

C’est très ludique, c’est très intéressant. Pour les jeunes et moins jeunes, c’est super intéressant.

On vous laisse la surprise car cela vaut vraiment le déplacement, mais on écoute quand même Richard nous parler de la fameuse tour d’observation d’Hydroquébec (115 m de hauteur… l’équivalent d’un immeuble de 35 étages… imaginez la vue !)

C’est toute l’histoire de la tour d’observation.

Alors, l’histoire c’est qu’Hydro-Québec avait un contrat avec les États-Unis. Et puis, bon, on devait creuser un tunnel. Mais pour s’assurer, tu sais, des fois on peut creuser et on sait pas trop qu’est-ce qui va arriver. Alors pour pas qu’il n’y ait de délai, ils ont construit une ligne temporaire qui allait au-dessus du fleuve Saint-Laurent.

Et puis une fois que le tunnel a été complété, ils ont démantelé les pylônes, ils ont tout enlevé, le reblais ici dans le fleuve. Puis nous, la tour que vous voyez encerclée d’un cercle rouge, c’est cette tour-là qu’on a achetée d’Hydro-Québec.

Ils l’ont démontée, puis ici, ça a pris six monteurs de ligne pour la monter. Pour faire suite à ce qu’on disait, vu qu’on a toujours une centrale hydroélectrique en fonction, on trouvait que c’était un beau clin d’œil d’avoir notre observatoire sur un ancien pylône électrique. Donc elle fait partie du paysage finalement de Shawinigan. Puis je vous dirais même la Mauricie.

Quand on voit la Mauricie, c’est la tour qu’on voit. C’est la tour de Shawinigan. Fait que c’est un emblème que toute la Mauricie utilise.

Enfin, à l’extérieur, l’amphithéâtre Québécor accueille un nouveau spectacle immersif qui enchante les soirées d’été. Une bonne raison de plus de visiter la Cité de l’Énergie et Shawinigan dans les mois qui viennent… une destination qui ne manque décidément pas de ressources !

Un nouveau spectacle immersif dans notre amphithéâtre qui contient neuf cent places.

Alors on reprend le thème de la rivière, de la rivière Saint-Maurice. Puis on raconte la légende de comment la rivière Saint-Maurice a été créée, il y a quelques milliers d’années.

Et puis le titre c’est « Il y a ». Alors on sert des nouvelles technologies, alors on a des écrans LED, c’est vraiment formidable. Puis là on raconte… L’histoire c’est que c’est une jeune scientifique, puis elle cherche les origines de la rivière Saint-Maurice, puis elle demande à l’intelligence artificielle.

Ça fait que de nos jours, on le fait de plus en plus quand on fait nos recherches sur différents sujets. Ilia, qui est le nom de l’intelligence artificielle, l’emmène sur un grand voyage pour connaître l’histoire de notre belle rivière Saint-Maurice.

Et puis c’est à l’extérieur, c’est le soir, c’est des représentations nocturnes. Puis on sert, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais je vais vous montrer un peu. On a une scène qui pivote, en fait, tourne à 360°. Oui. Alors la scène, elle tourne… C’est-à-dire que là, on a la scène devant nous. Elle fait dos à la rivière. Oui. Et on imagine qu’elle peut se retourner, et puis tous les spectateurs se retrouvent face à la rivière. Dans la mise en scène, on inclut… Il y a toujours une scène qui se passe sur la rivière. D’autant plus qu’on parle de la rivière Saint-Maurice, fait qu’il y a une scène qui donne sur la rivière.

Alors ici, on a une zone de sable où est-ce qu’on va faire des projections. Puis aussi, là, on a des écrans de chaque côté de la scène aussi, fait que tout est utilisé pour le spectacle. Donc on imagine un spectacle, vraiment, on en prend plein les yeux. Ça bouge, puis c’est assez spectaculaire.

Même question qu’à Trois-Rivières, David : où pose-t-on ses valises pour passer une nuit – ou plusieurs à Shawinigan ?

Tu peux bien sûr demander leur avis aux habitants, Karim ! Tu as compris que c’est le meilleur conseil que je peux donner pour “vivre la ville”, à Shawi comme à Trois-Rivières. Personnellement, j’ai beaucoup aimé l’hôtel 2800 du Parc. On est à Saint-Jean-des-Piles, à l’orée du parc national de la Mauricie. Un vrai petit bonheur avec ses petits chalets en bord de rivière et son excellent restaurant.

Douceur, gourmandise et grande nature à portée de pas ! Tout un symbole de ce que représente Lanaudière-Mauricie et que tu nous a fait découvrir à travers de très jolies rencontres dans ces 3 épisodes spéciaux du podcast. Merci David pour cette jolie série.

Merci à toi. Merci à vous pour votre écoute.

Oui, merci d’être de plus en plus nombreux à nous écouter.

On se retrouve très bientôt pour des nouveaux coups de cœur, des nouvelles découvertes, des nouvelles rencontres à travers ce Québec dont on n’a jamais fait le tour.

Au revoir à toutes et à tous. Au revoir David !

Au revoir !

Québec Le Mag'

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