Terroirs & Saveurs du Québec | Ep. #1 : Le Presbytère


Dans cette nouvelle série du Podcast de Québec Le Mag, nous partons à la rencontre de passionné(e)s qui aiment partager leur amour du terroir et des saveurs du Québec. Première étape : le Restaurant et Microbrasserie Presbytère, avec sa propriétaire et co-fondatrice Isabelle Dupuis

Pendant nos très nombreux voyages au Québec, on a découvert pas mal de pépites où on peut goûter, manger et boire des produits du terroir et des saveurs locales. On a décidé cette année de mettre en lumière sur le podcast de Québec Le Mag quelques-uns de ces coups de cœur et quelques-unes de ses adresses. Mais surtout, on a eu envie de vous présenter les personnes qui se cachent derrière ces pépites. Parce que s’il y a bien une chose qu’on adore au Québec et qui nous donne envie d’y revenir, ce sont les Québécois. C’est leur sourire, c’est leur passion, c’est leur accent – On ne le dit pas trop vite parce qu’il paraît que c’est nous, les Européens, qui avons un accent – Et puis, c’est leur sens de l’accueil.

Donc, c’est avec beaucoup de plaisir que j’accueille pour le premier épisode de cette série Isabelle Dupuis, qui depuis Saint-Stanislas de Champlain, on est en Mauricie, vient nous présenter son restaurant et microbrasserie Le Presbytère.

Bonjour Isabelle.

Bonjour Karim, merci beaucoup de me recevoir.

Merci d’avoir accepté l’invitation. Isabelle, en quelques mots, si tu dois nous présenter le presbytère à quelqu’un qui n’a jamais visité cet endroit, comment fais-tu?

Dans le fond, nous, je pourrais rapidement mentionner qu’on est spécialisé dans les comestibles forestiers, puis on aime mettre en valeur les produits locaux de notre région, principalement de la Mauricie, mais on s’étend à la grandeur du Québec.

Et qu’est-ce qui fait vraiment la spécificité du presbytère aujourd’hui?

Bien nous, d’être une microbrasserie, donc nos produits sont disponibles seulement à notre établissement. C’est mon conjoint qui est brasseur, puis comme je mentionnais un peu plus tôt, bien c’est les comestibles forestiers qu’on intègre tant dans notre menu que dans nos bières, puis avec différents produits, les grains, les houblons, les petits fruits des fois qu’on va ajouter dans nos bières ou les plantes sauvages, bien ils proviennent le plus possible de la région, mais du Québec majoritairement.

Tu as parlé de microbrasserie, tu as parlé de vos bières, mais il y a aussi un restaurant, c’est-à-dire que c’est toi qui es derrière les fourneaux.

Oui, avec ma fille. Dans le fond, c’est une histoire familiale, notre entreprise. Puis en plus, on est vraiment fiers parce que cette année, on a remporté le prix Aliments du Québec au menu pour notre côté de restauration justement, les produits qu’on vend en vedette, tant les alcools, les vins québécois que les ingrédients locaux. Donc ça, c’est une belle fierté.

Est-ce que cet établissement s’adresse à des personnes en particulier, la population locale, les touristes qui viennent visiter le Québec?

Ah bien, c’est tout ça. Dans le fond, la population locale, oui. Les gens vont venir principalement nous visiter pour souligner des anniversaires ou des moments spéciaux. La clientèle internationale vient. On est relais de motoneige aussi. Donc, on reçoit beaucoup d’Européens, beaucoup de personnes des États-Unis puis d’un peu partout dans le monde. Donc, c’est les gens qui sont épicuriens puis qui aiment découvrir le terroir mauricien. On est presque un incontournable, je dirais.

Ça fait combien de temps aujourd’hui que le Presbytère existe et qu’est-ce qui vous a donné envie de créer cet endroit?

On est établi depuis 2016. La raison pour laquelle, c’est un concours de circonstances puis des opportunités. Nous, on a débuté dans le domaine de l’alimentation en 98, donc en 1998, ça fait bientôt 30 ans, avec un service de traiteur qui appartenait à ma belle-mère. Puis tranquillement, au fil du temps, on a réussi à se tailler une belle place, puis avoir une belle carte. Mais c’est un peu, c’est le fruit du hasard, puis comme je disais, des opportunités.

Est-ce que ça a toujours été une évidence de l’arrivée à un endroit comme celui-là, ou est-ce que ton parcours, votre parcours, il a plutôt subi quelques détours?

Quelques détours, effectivement. Dans le fond, avec mon conjoint, on est tous les deux issus du domaine de l’enseignement des arts. Puis c’est le fait, justement, comme j’ai ma belle-mère qui voulait se départir de son service de traiteur après quand même elle a l’opéré plus d’une dizaine d’années avant nous. On trouvait ça dommage qu’un bel, un beau commerce comme elle avait établi, de le voir quitter aux mains de quelqu’un d’autre. Donc on s’est dit, ça pourrait être une belle aventure de se lancer tous les deux dans ça. Puis moi, je viens d’une famille d’épicuriens. Donc j’ai grandi avec une mère qui cuisinait beaucoup, mon père était chasseur, donc j’ai travaillé très tôt, j’ai été initié aux viandes sauvages, puis tout ça.

Fait que la restauration, on a débuté avec un premier petit restaurant où on servait des menus du jour un petit peu plus classiques, mais avec le temps, on a peaufiné notre offre pour se diriger plus vers la gastronomie.

Aujourd’hui, qu’est-ce que toi, tu aimes le plus dans ton métier, dans ton quotidien?

C’est de découvrir des nouveaux produits, des nouveaux collaborateurs. L’idée, c’est de les faire découvrir aux gens qui nous visitent. On essaie d’avoir des choses, pas des produits hétéroclites, mais qu’on rencontre un peu moins souvent. On a du phoque à notre menu, on sert de l’alpaga, j’aime travailler les abats, donc le cœur, les ris de veau, les choses comme ça. Donc on a des choses classiques, mais pour des gens un peu plus curieux qui sont vraiment à la recherche d’aventures, c’est là qu’on s’amuse et qu’on peut jouer le grand jeu.

Je voudrais qu’on s’attarde un petit peu sur le lieu, l’établissement en lui-même, le Presbytère, parce qu’il s’appelle comme ça pour une raison, et il amène un cachet, une vraie ambiance aussi.

Oui, on a cherché lorsqu’on a… parce qu’on a vraiment fait l’acquisition, on est propriétaire de la bâtisse, on l’a acheté directement de la fabrique, donc on a eu affaire avec l’archevêché pour les transactions puis tout ça. Mais lorsqu’on cherchait un nom, comme je disais, on est du domaine des arts, fait qu’on voulait avoir quelque chose d’original, de différent, puis on a… plusieurs avenues nous sont venues à l’idée. Mais de rendre à l’architecture et à la bâtisse, c’est l’aide de noblesse en littéralement gardant son nom, c’est le presbytère.

Donc c’est une architecture qui est superbe, qui est majestueuse. Il a été construit en 1872, donc c’est de la grosse pierre avec des moulures au plafond, les boiseries, c’est vraiment de toute beauté. Donc l’architecture lui-même, c’est un bâtiment qui est imposant.

Microbrasserie Le Presbytère (Trois-Rivières, Mauricie)

Isabelle Dupuis

Le côté artiste, il se ressent aussi dans la décoration que vous avez amenée au lieu.

Oui, beaucoup de récupération. Dans le fond, on essaie de donner une seconde vie à tout ce qu’on peut trouver. Puis même lorsqu’on a fait les rénovations de la bâtisse, il y a des choses qu’on a enlevées. Le plancher, les madriers, tout ça, on a eu à libérer des espaces. On a créé deux grosses mezzanines de chaque côté dans les différentes pièces. Puis on a utilisé ces pièces-là récupérées pour créer des tablettes. On a une collection de bouteilles de bière, il y a des bières européennes d’un peu partout, des bières du Québec, mais justement on a créé des tablettes pour mettre en évidence les 5000 artefacts de bière qu’on a un peu partout dans la bâtisse.

5000, pas mal quand même…
On a parlé du lieu, on a parlé de vous, on va parler un petit peu de ce qui vous entoure. Alors déjà le village Saint-Sanislas de Champlain, la Mauricie, Quand les visiteurs arrivent chez toi, qu’est-ce que tu as envie qu’ils découvrent en priorité autour de ce Presbytère?

Dans notre village, déjà, il y a beaucoup d’immeubles qui ont un cachet similaire aux nôtres. L’église, c’est vraiment des constructions anciennes qui ont vraiment un beau cachet. Sinon, il y a le parc de la rivière Batiscan qui est juste à trois kilomètres. Il y a plusieurs activités. Il offre de l’hébergement, puis il y a des tyroliennes, tout ça.

Sinon, on a une ferme d’alpagas qui est un collaborateur avec lequel je travaille pour l’approvisionnement des viandes, mais aussi pour la boutique. Donc, ils travaillent la laine. Ça fait que ça, c’est deux coups de cœur qu’on a dans notre village.

Mais sinon, en saison, il y a les producteurs de fruits, les maraîchers. Donc, dépendamment du moment où les gens nous visitent, il y a quand même plusieurs activités. Il y a Saint-Stanislas, mais il y a les villages voisins. On fait affaire avec des vignobles aussi de la région. Il y a quand même beaucoup de choses. En plus, on est situé au bord de la rivière Batiscan, qui est un superbe cours d’eau qui est navigable. Donc, les gens ont amplement de choses à faire.

Puis c’est un petit détour facile quand on passe entre Montréal et Québec ou entre Trois-Rivières et Québec.

Oui, on est vraiment bien situé. C’est dans le fond les deux grandes villes du Québec, Montréal-Québec, on est dans le milieu. Donc c’est un détour. Il y a Shawinigan aussi qui est à 25 minutes, 30 minutes de notre établissement. Puis nous, on offre de l’hébergement, donc on est propriétaire aussi d’une petite auberge. On peut accueillir une dizaine de visiteurs avec nos cinq chambres. Ça permet aux gens de rester.

Des fois, quelqu’un qui vient de visiter Montréal, qui veut aller un petit peu en direction de Québec, il peut arrêter chez nous pour une nuitée, pour continuer son chemin par la suite.

Est-ce qu’il y a une saison que tu affectionnes tout particulièrement pour accueillir les visiteurs?

C’est sûr que l’été c’est vraiment beau parce que justement il y a possibilité de faire de la randonnée en vélo, de la randonnée pédestre dans le parc, mais on est aussi au relais de motoneige donc il y a beaucoup beaucoup de gens qui viennent nous visiter l’hiver. Il y a des pistes de ski de fond juste à l’arrière de notre établissement. Donc les deux saisons, l’automne… Tous les moments sont beaux. Puis en plus, au printemps, on est entouré d’érablières, donc les gens peuvent aller manger dans une cabane pendant le Temps des sucres, mais quand même venir faire un petit tour à la microbrasserie pour prendre un verre.

Et toi, comme tu utilises des produits du terroir, des produits de saison, est-ce qu’il y a des produits que tu aimes particulièrement servir ou traiter?

Les comestibles forestiers, ma saison préférée pour les cueillettes, c’est l’automne avec la panoplie de champignons qu’on reçoit en cuisine pour travailler, transformer tout ça. On a aussi une permaculture, donc les ingrédients que j’aime travailler, quand on parle de des collaborations que je fais avec les producteurs. L’alpaga, c’est quand même un ingrédient qui est moins connu. Le phoque, c’est la même chose. Sinon, on travaille avec le Rieur sanglier de Yamachiche. Il y a du cerf Sika, du bison, du sanglier. On travaille le lapin de la ferme Gallico. On aime mettre ces produits-là en valeur, des choses qu’on connaît un petit peu moins.

Ça fait donc une dizaine d’années maintenant que cet établissement existe. Est-ce qu’il y a un souvenir marquant avec un client, avec une rencontre ou un événement qui s’est produit dans l’établissement et dont tu te souviens tout particulièrement?

Je vous dirais, nous on est à côté d’un producteur d’argousiers, puis lorsqu’on faisait un brassage de bière avec l’argouse, on cherchait un nom pour rendre hommage un peu au producteur, puis c’est un monsieur de son nom, c’est Roger Bédard, puis on cherchait C’était vraiment un nom de bière qui pouvait être intéressant. Puis finalement, ce qui est arrivé, c’est qu’on l’a nommé la Bédard-Gousier en l’honneur de cette personne-là. Donc, on a fait un clin d’œil avec Roger Bédard et Bédard-Gousier. Donc, c’est la Bédard-Gousier qui est sortie.

Mais sinon, c’est sûr qu’au fil des années, il est arrivé plusieurs choses. Spécifiquement comme ça, je n’ai pas vraiment rien qui me vient à l’idée des gens qui sont passés pour souligner des mariages. et immédiatement après leur mariage, ils ont fait leur réception ici.

Ça reste quand même des beaux souvenirs ou des gens qui ont brassé, qui sont venus brasser leur bière. Chez nous, Aliments du Québec, on a fait une bière pour Aliments du Québec, puis l’équipe s’est déplacée sur place pour créer eux-mêmes et brasser leur bière. Ça, c’est des beaux moments, des beaux souvenirs.

Dernière question avant de clôturer cet épisode. Si les visiteurs, les personnes qui viennent au presbytère ne devaient repartir qu’avec une seule chose de leur passage, de leur séjour chez toi, ce serait quoi?

Ce serait l’accueil, parce que nous, on circule, mon conjoint circule au table pour jaser avec les gens. Puis je pense que le côté chaleureux, l’ambiance familiale, parce qu’on travaille avec nos trois enfants, notre gendre. Puis on a une équipe qui sont avec nous depuis plus de dix ans. Dans mon premier restaurant, l’équipe de serveurs puis de cuisiniers qui était là à ce moment-là, lorsqu’on a déménagé dans le presbytère, l’équipe nous a suivis. Ça fait partie de la famille quand ça fait au-dessus de 10 ans que tu travailles avec des gens. Les visiteurs ressentent le côté familial. Je pense que c’est notre petit côté de recevoir les gens comme si c’était de la visite finalement.

Merci Isabelle pour cette visite sur le podcast de Québec Le Mag et pour cette présentation du Presbytère. Quelque chose me dit qu’on servira bientôt à Saint-Stanislas de Champlain.

Ça va nous faire un immense plaisir, merci beaucoup de m’avoir reçu.

On vous remet évidemment l’adresse et les informations pour réserver éventuellement une chambre, pour contacter le presbytère dans la transcription de cet épisode, donc sur le site de Québec Le Mag.

Merci pour votre écoute.

N’oubliez pas de vous abonner à ce podcast pour ne pas manquer les prochains épisodes, les prochaines rencontres avec le Québec et les Québécois.

Isabelle, à très bientôt.

Merci beaucoup. Bonne journée. Bonne journée à vos auditeurs.

Merci beaucoup. Et puis à vous, à très bientôt aussi.

Québec Le Mag'

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