Terroir & Saveurs du Québec | Sophie Roy – La Miellerie de Sophie


Dans un pays où, quand on parle de sucre, on pense d'abord au sacro-saint sirop d'érable, il y a quelques personnes qui naviguent un contre-courant et qui ont décidé de consacrer leur quotidien à la récolte, la transformation et la commercialisation du miel. Dans la famille de plus en plus nombreuses apiculteurs québécois, je demande Sophie Roy : la créatrice de la très simplement nommée Miellerie de Sophie.

Dans un pays où, quand on parle de sucre, on pense d’abord au sacro-saint sirop d’érable, il y a quelques personnes qui naviguent un contre-courant et qui ont décidé de consacrer leur quotidien à la récolte, la transformation et la commercialisation du miel.

Dans la famille de plus en plus nombreuses apiculteurs québécois, je demande Sophie Roy. La créatrice de la très simplement nommé Miellerie de Sophie.

Bonjour Sophie.

Bonjour.

Bienvenue dans le podcast de Québec Le Mag.

Merci beaucoup.

Alors, dis-moi, en quelques mots, c’est quoi la Miellerie de Sophie ? Qu’est-ce que tu y proposes ? Qu’est-ce que tu y fais ? Et puis, qui es-tu toi ?

Bien, en fait, moi, Sophie Roy, petite beauceronne, née en Beauce. J’ai déménagé à Notre-Dame-des-Pins en 2019. Je viens d’une famille agricole, mais j’ai sorti complètement du domaine agricole et je suis revenue aux abeilles en 2017.

Brève histoire sur moi.

La Miellerie de Sophie, elle existe depuis 2018. J’ai créé ça à la suite de le rachat d’une autre entreprise apicole qui n’avait pas de relève. On fait un peu beaucoup de choses, c’est drôle à dire, mais on fait de la pollinisation commerciale, on fait des visites VIP qu’on appelle ici à la ferme. On a une petite boutique, on a déménagé la boutique qui était chez nous. On l’a déménagé eil y a un an et demi dans un autre local mieux adapté, mais encore déjà trop petit. On vend des produits de miel, des produits transformés, baume à lèvres, savon, etc.

On a aussi dans notre petite boutique des produits du terroir d’autres producteurs de la région, des producteurs que j’aime et que j’aime le produit.

On fait de la pollinisation commerciale pour les petits fruits, bleuets, canneberges, fraises, les pommes. On fait des ateliers dans les écoles aussi, parce que les gens veulent venir chez nous, mais là, j’ai pas encore l’agrandissement, fait que c’est moi qui me déplace dans les établissements pour aller faire ma présentation sur les abeilles, une heure et demie de temps, avec une cinquantaine de jeunes en avant de moi, silence total, qui sont émerveillés par ce que je dis. Je trouve ça merveilleux, là, mais…

Fait que c’est un peu ça, la Miellerie de Sophie.

Voilà, c’est bien résumé. Qu’est-ce qui, toi, t’as donné envie de faire ce métier ?

En fait, je ne connaissais rien à l’apiculture avant 2016. Je n’aurais jamais pensé être apicultrice. Jamais, jamais. Mais j’avais un rêve, moi, c’est de ne pas travailler pour les autres toute ma vie et d’être mon propre patron. Mais je ne savais pas ce que j’allais faire. Puis la liberté, c’était vraiment important pour moi.

Pis la vie a fait en sorte, c’est ça, moi j’ai hérité de l’érablière familiale, pis là je me disais qu’est-ce que je ferais de plus avec ces terres-là. Pis là c’est là que l’idée des abeilles a comme poppé, mais cette idée-là a fait boule de neige, et finalement, ben me voilà en train de vous parler aujourd’hui de la Miellerie de Sophie.

Fait que c’est vraiment ça, c’est un chemin, le chemin de la vie m’a emmenée là, pis j’en sais pas rien.

Pas du tout une évidence, un parcours plutôt plein de détours. Qu’est-ce qu’aujourd’hui tu aimes le plus dans ton quotidien, dans ce métier-là ?

En fait, on dirait que j’aime tout, sauf le manque de temps et la manque de ressources. Mais la liberté en premier, ça c’est vraiment important parce que comme aujourd’hui, finalement il pleut, j’avais plein de rendez-vous, j’étais là avec vous, j’ai un autre entrevue après-midi, j’ai un chapeau aussi de présidente de l’UPE local de mon secteur. Fait que je suis capable, tu sais, je bouge vite vite, je bouge beaucoup.

Les clients, c’est comme un running gag à l’interne avec mon équipe, c’est que j’aime beaucoup trop jaser. Fait que là, quand les clients arrivent, ben là, moi je jase trop, eux autres me jasent. Fait que là, je dis en joke, ben ça prend du monde pour travailler pendant que moi je fais du PR !

Mais j’aime ça. Pis les gens, ils aiment ça. Tu sais, ils me le disent, les petits vidéos que je fais sur Facebook. Moi, je ne suis pas une fille qui parle avec des mots à 100 piastres, donc je suis vulgarisée. J’aime ça leur faire découvrir mon quotidien. En filmant, j’ai les mains des abeilles. Les gens ont tellement peur des abeilles, mais c’est comme si je leur offre une proximité qu’ils ne peuvent pas se permettre, mais avec mes vidéos, je leur explique ce que je fais. Les gens aiment ça, puis apprécient, puis de voir l’émerveillement que les gens rendent en boutique, puis qu’ils disent « Ah, j’aime pas le miel », je le fais goûter, il fait « Wow », il repart avec trois pots. Ça, c’est le summum, là.

Puis les gens sont curieux, ils veulent savoir, puis moi, bien, j’aime ça, genre, c’est fait.

Tu as parlé un tout petit peu de ta région tout à l’heure. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus, nous préciser où ça se situe et puis nous dire aussi, parce que tu en as parlé également, tu as parlé de ces autres établissements que tu connais, que tu aimes bien les produits, donc nous dire où tu nous recommandes d’aller si on vient te voir, si on vient goûter tes produits.

Ben, vous arrivez à la Miellerie de Sophie, pis là, on va vous aiguiller sur selon ce que vous voulez faire. Ben, nous, on est situés, moi, mon slogan, c’est récolté avec amour et passion dans la vallée Beauceronne. Fait que je suis vraiment sur le bord de la rivière Chaudière à Notre-Dame-des-Pins. C’est entre Beauceville et Saint-Georges, des villes qui sont plus connues.

On a une super belle piste cyclable, là, qui se rend, je pense que maintenant, vraiment de Lévis jusqu’à Saint-Georges, avec d’autres pistes hors piste cyclable, là, c’est vraiment merveilleux. C’est sûr, on est dans la vallée Beauceron, mais on a des ruches un petit peu partout en Beauce. On promène nos ruches aussi au lac Saint-Jean, au centre du Québec.

Mais pour la région aussi, Notre-Dame-des-Pins, c’est le village du… Je pense que c’est le plus long pont couvert au Québec. Excusez mon manque d’information, mais le pont couvert de Notre-Dame-des-Pins, le pont Perreault, c’est vraiment quelque chose à voir. Ça fait partie des joyaux.

Justement, c’est le 100e anniversaire de notre village cette année. Il y a plein de beaux activités de prévues la fin de semaine du 6 juin, parenthèse.

C’est ça les produits qu’on a ici. Des producteurs qui sont dans les villages avoisinants, ils n’ont pas nécessairement de petite boutique ou quelque chose. Moi, je suis comme la vitrine pour les faire connaître ou après ça, aller les voir. On fait un peu les agents touristiques.

Tu as l’air d’être quelqu’un qui n’aime pas s’ennuyer, qui a souvent beaucoup d’idées. Quel projet va faire évoluer la Miellerie de Sophie dans les mois, dans les années à venir? 

Oh mon Dieu, il y a tellement de projets dans ma tête. Il y a un gros projet que ça fait cinq ans que je travaille dessus. Moi, je l’appelle l’agrandissement. C’est un nouveau bâtiment parce que là, on est comme sur deux sites. J’ai acheté un terrain, le terrain voisin où la Miellerie est présentement. Puis c’est un beau gros bâtiment. Je le vois. J’aimerais ça pouvoir vous montrer mon film. C’est un lieu agro-touristique. Que tout va être en même place pis les gens vont pouvoir visiter parce que là, ils veulent visiter mais je peux pas leur faire visiter, t’sais, les installations, tout ça.

Ça va être sur place, t’sais, il va y avoir la belle terrasse, on va avoir un sentier aménagé pis ça va être un centre d’interprétation, mais bon, je peux pas tout vous dire, là, mais… Il y a tellement d’idées dans ma tête que ça va être en phase 1 à 20.

Mais ça devrait commencer à se concrétiser cet automne si tout marche comme je le veux, mais ça fait 5 ans que j’attends ça. Monter une équipe solide, on a des projets de développement, les ateliers, faire ça plus ludique pour aller chercher plus notre clientèle plus jeune, des développements de nouveaux produits. Je ne peux pas tout vous dire, Si mon équipe me suit, puis mon dieu, on a plein de projets à réaliser.

C’est quoi la plus belle surprise ou le plus beau souvenir que tu as eu depuis que tu as créé la miellerie ?

Mon dieu. De voir le bouche-à-oreille. Moi, je ne me suis pas vraiment payée de grosses publicités. C’est comme une petite graine, une petite fleur qui continue. Quand j’ai les gens qui arrivent, je me dis que c’est un tel qui m’a dit de venir ici. Puis là, c’est comme si ça fleurit, mais sans que je… C’est comme pas de ma faute un peu, là, mais… Moi, je trouve ça super beau, puis c’est vraiment une belle surprise.

Puis quand je gagne des prix, je dis, mon Dieu, moi, t’sais… Puis quand on est en nomination pour des catégories comme cette année, on est en nomination pour, dans deux semaines justement, Produit d’ici, je me semble que c’est ça le titre, au galet de l’entreprise Beauceronnes, mais c’est merveilleux. On est avec deux autres entreprises, deux autres filles aussi, puis on est trois entreprises merveilleuses. Il y en a une de ces entreprises-là, justement, que j’ai ici. C’est des belles surprises que la vie m’apporte que je n’aurais pas pensé. Bien, juste d’être là à vous parler aujourd’hui, c’est une belle surprise parce que je n’aurais pas pensé de faire ça un jour.

J’ai vu, et tu en as parlé aussi, tu produis des cosmétiques à base de miel. Ce n’est pas courant ça.

En fait, je fais affaire avec une fille qui a ces connaissances-là parce que moi, je ne peux pas tout faire. Elle travaille avec mon miel, la cire de mes ruches, savon, baume à lèvres, des baumes corporels. On a des exfoliants, des sérums pour le visage. Puis, sérieux, j’ai vraiment des bons commentaires. Encore ce matin, ma femme de ménage a dit « Hey, j’ai essayé ça, ça a fonctionné. » Merci, tu sais. C’est merveilleux quand j’ai des comebacks des clients comme ça. C’est plus gratifiant qu’un 100 piastres, mettons.

Si tu devais choisir, si tes clients ne devaient repartir qu’avec une seule chose, que ce soit une impression, un produit, une seule chose de leur visite chez toi, qu’est-ce que ce serait ?

Le crémeux, le miel crémeux de Bleuet ! Ça, c’est mon préféré à moi. Dans ces pots-là, je dis, il y a de l’amour, puis il y a des nuits blanches.

On travaille tellement fort pour ça, c’est qu’on travaille de nuit pour aller porter les ruches à la pollinisation au lac Saint-Jean. Puis c’est vraiment mon préféré. C’est un miel qui est crémeux, tartinable, puis… Ouais, c’est ça.

Il y en a plein. J’ai un autre coup de cœur, mais celui-là, là.

Mais parfait, garde-moi un pot pour le jour où je viens te voir. Et puis, on va essayer de faire en sorte qu’il y ait un maximum de monde qui vienne à la Miellerie de Sophie.

Merci beaucoup.

Merci. Merci à vous pour votre écoute. Rendez-vous prochainement pour un nouvel épisode consacré aux saveurs et aux terroirs du Québec.

Sophie, à très bientôt.

Merci. Au revoir.

Bye bye tout le monde.

Québec Le Mag'

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