L’hiver dans Lanaudière et en Mauricie | Podcast Prendre le Large


Où aller, que faire, où dormir et que prévoir pour profiter de l'hiver en Lanaudière et en Mauricie ? Les réponses de David Lang

KARIM

Une forêt tellement enneigée que les arbres prennent des allures de fantômes. Un attelage de chiens de traîneau qui s’impatiente dans l’attente du grand départ. Les empreintes de raquette d’un guide qui montre le sentier de randonnée à suivre. Le feu de bois qui crépite dans un chalet en bois rond au bord d’un lac gelé… La chaleur d’un sauna ou celle d’un bain scandinave pendant que les flocons continuent de tomber.

Il y a des images comme ça qui donnent envie de découvrir le Québec en hiver…

Bienvenue sur la chaîne de podcasts de Québec Le Mag’ ! Une chaîne qui, malheureusement, n’a pas encore le pouvoir de vous faire passer du rêve au voyage. Mais qui est là pour vous aider à organiser ce voyage. Alors, vous l’avez compris, on va aujourd’hui parler d’hiver. Et plus précisément de l’hiver au Québec Authentique, ce territoire qui réunit les régions de Lanaudière et de la Mauricie.

Pour nous dire où aller, que faire, où dormir et quoi prévoir pour profiter de l’hiver dans ces deux régions, j’accueille notre rédacteur en chef David Lang.

Bonjour David !

DAVID

Bonjour Karim, bonjour à toutes et à tous !

KARIM

Alors David, on va parler de grands espaces, d’aventures et de soirées cocooning. Mais avant de sortir les bottes et les mitaines, commençons par nous situer sur la grande carte du Québec.

Le Québec Authentique, où est-ce que ça nous emmène exactement ?

Pourvoirie du Lac Blanc (Lanaudière et Mauricie, Québec)

Pourvoirie du Lac Blanc (Lanaudière et Mauricie, Québec)

DAVID

Dans deux régions voisines et facilement accessibles, Lanaudière et la Mauricie, sur la rive nord du Saint-Laurent, entre Montréal et Québec. Depuis le fleuve, leurs territoires remontent vers des espaces de plus en plus sauvages, avec des lacs, des rivières et des villages, à l’image de la Matawinie pour Lanaudière et de la Haute-Mauricie pour la Mauricie.

Ce qui est intéressant, c’est cette possibilité de changer complètement d’ambiance au cours d’un même voyage. On peut commencer par quelques jours en ville, puis prendre la tangente dans la campagne avant de consacrer une partie du séjour à la grande nature boréale.

Et ce n’est pas nécessairement une petite parenthèse entre Montréal et Québec. On peut très bien faire de Lanaudière et de la Mauricie le cœur de ses vacances.

Pour quelqu’un qui rêve de découvrir l’hiver québécois, les deux régions réunissent plusieurs ingrédients très recherchés : la nature préservée des parcs régionaux et nationaux, les activités dans la neige (tous les classiques de l’hiver québécois sont là !), les hébergements en forêt, comme les auberges et les pourvoiries, et la possibilité à tout moment d’alterner aventure et confort. C’est d’ailleurs ce qui ressort des adresses que nous avons l’habitude de présenter dans Québec Le Mag’.

KARIM

Avec une précision quand même : ce n’est pas parce qu’on est « entre Montréal et Québec » que toutes les adresses se trouvent au bord de l’autoroute…

DAVID

Exactement ! C’est un repère pour situer les régions, pas une indication de proximité entre tous les lieux.

Mon conseil serait donc de choisir quelques points de séjour cohérents. Si l’on veut découvrir plusieurs secteurs, on peut prévoir deux hébergements, par exemple, plutôt que de revenir chaque soir au même endroit après beaucoup de route.

Et surtout, il faut se laisser le temps d’habiter un peu les lieux. Si vous arrivez dans une auberge à la nuit tombée et que vous repartez le lendemain juste après le petit-déjeuner, vous pouvez être sûr de passer à côté de ce qui faisait tout l’intérêt de l’adresse.

Je préférerais trois nuits dans un endroit qui me plaît, avec plusieurs expériences autour, à trois hôtels différents simplement pour avancer sur une carte.

KARIM

Donc on commence par choisir le rythme de ses vacances.

DAVID

Oui. Et par se demander ce qu’on vient chercher.

Est-ce qu’on rêve surtout d’une grande activité, comme le traîneau à chiens ? Est-ce qu’on veut faire le maximum de plein air ? Quelle place on laisse aux découvertes culturelles ? Est-ce qu’on voyage avec des enfants ? Ou est-ce qu’on imagine un séjour à deux, avec une promenade le matin et un spa l’après-midi ?

Ce sont nos envies, nos aspirations qui doivent guider le programme, et c’est encore mieux quand on se laisse le temps, car on laisse une place aux rencontres, aux conseils recueillis sur place, et donc aux découvertes et aux surprises. On peut construire un très beau séjour sans vouloir tout faire.

KARIM

Commençons par une expérience qui fait rêver beaucoup de nos auditeurs : le traîneau à chiens. Tu nous emmènes où ?

DAVID

Aux Aventures Liguoriennes, à Saint-Liguori, dans Lanaudière, à seulement 1 heure de route de Montréal.

L’un des intérêts de cette adresse, c’est la possibilité de conduire son attelage en suivant un guide expérimenté. Il existe aussi des formules pour se laisser conduire ou partir en traîneau double.

Plusieurs durées sont proposées. La Grande Virée annonce notamment une heure et demie de balade avec une pause gourmande en forêt, pour une activité complète d’environ trois heures. Cette distinction est utile car le temps passé sur le traîneau n’est qu’une partie de l’expérience.

Il faut aussi prévoir l’accueil, les explications et la préparation. C’est justement ce que je trouve intéressant : on découvre un univers, avec ses gestes, son vocabulaire et les personnes qui travaillent avec les chiens. Et la découverte de la meute – une cinquantaine d’Alaskans – est toujours un moment passionnant.

KARIM

Quand tu dis « conduire son attelage », ça peut impressionner. On n’a pas tous une vocation de musher !

DAVID

Et on n’a pas besoin d’arriver en prétendant savoir faire ! Il faut annoncer son niveau et écouter les consignes.

Avant de réserver, je conseillerais de poser une question très simple : « Compte tenu de notre groupe, quelle formule nous recommandez-vous ? » Un couple de sportifs, une famille avec de jeunes enfants et quelqu’un qui souhaite surtout observer le paysage n’auront pas forcément les mêmes attentes.

Conduire un traîneau implique de participer et d’être pleinement à ce que l’on fait. Ce n’est pas une activité où l’on garde son téléphone à la main pour filmer chaque seconde. On doit rester disponible pour ce qui se passe devant soi et c’est là tout le plaisir de l’expérience : on apprend et on vit quelque chose de nouveau et de sensationnel.

KARIM

Et la rencontre avec les chiens, elle compte autant que la sortie ?

DAVID

Certainement, elle fait en tout cas partie de l’aventure et elle mérite qu’on lui laisse toute sa place car vous allez apprendre une foule de choses.

Comment prépare-t-on un attelage ? Pourquoi tel chien occupe-t-il telle place ? Comment se passent les entraînements, les périodes de repos ? Il ne faut pas hésiter à poser toutes ces questions à l’équipe.

Ce sont des échanges qui permettent de dépasser l’image de carte postale et qui vont donner du sens à l’expérience. On comprend mieux le travail derrière l’activité et ici, il ne se limite pas à vous emmener sur la neige, c’est le quotidien d’un élevage (en l’occurrence, le travail de David Boyer, propriétaire des Aventures Liguoriennes) qu’on apprend à mieux connaître.

D’ailleurs, c’est toujours intéressant, au moment de choisir un prestataire, de regarder ce qu’il explique sur les soins et la vie des chiens. Les Aventures Liguoriennes présentent notamment leur suivi vétérinaire et leurs activités avec la meute tout au long de l’année.

Les Aventures Liguoriennes (Bonjour Nature - Lanaudière, Québec)

Photo Les Aventures Liguoriennes

KARIM

Tu conseillerais de commencer par une petite sortie ou de prévoir tout de suite une demi-journée ?

DAVID

Je choisirais selon l’envie réelle des participants. Si quelqu’un hésite beaucoup, mieux vaut une première expérience adaptée qu’une sortie trop ambitieuse.

En revanche, si c’est l’un des grands rêves du voyage, je lui consacrerais une vraie place dans la journée, sans ajouter d’autre rendez-vous juste derrière.

On veut pouvoir arriver tranquillement, poser ses questions, échanger, profiter du retour. C’est toujours dommage de passer la dernière partie de la sortie à se demander si l’on sera à l’heure pour l’activité suivante.

KARIM

Après les chiens, continuons avec nos propres jambes. Pour découvrir la forêt en hiver, tu retiendrais quel endroit ?

DAVID

Le parc national de la Mauricie est une très belle option.

Il propose des parcours de randonnée hivernale et de raquette, ainsi qu’un réseau de ski de fond de plus de 50 km de sentiers balisés. Du côté de Saint-Jean-des-Piles, un des accès hivernaux du parc, on retrouve le pavillon de services de la Rivière-à-la-Pêche, là où vous pourrez prendre toutes les informations, et louer ou farter vos skis par exemple.

Pour préparer sa visite, le bon réflexe consiste à consulter les conditions et à choisir son itinéraire en fonction de son niveau. On est dans un parc avec différents parcours, différents paysages et différents niveaux de difficultés, pas dans un décor où toutes les promenades seraient équivalentes.

KARIM

Pour quelqu’un qui ne pratique ni le ski de fond ni la raquette, tu commencerais par quoi ?

DAVID

Pour une première sortie, j’aurais tendance à privilégier une randonnée assez courte, avec l’équipement recommandé sur place.

L’objectif serait de prendre ses repères : sentir comment on marche dans ces conditions, voir comment on s’habille, comprendre à quel rythme on est à l’aise.

Et je proposerais de se donner un autre objectif que le nombre de kilomètres. On peut décider de prendre le temps d’observer les arbres, d’admirer le panorama sur tel lac ou telle vallée, de s’arrêter pour écouter la nature, de chercher des traces d’animaux dans la neige et parfois de surprendre un cerf ou un orginal…

KARIM

Ça change de la randonnée où l’on veut absolument atteindre le sommet avant le déjeuner.

DAVID

Oui, et je crois qu’on peut se permettre ça en vacances.

On a parfois l’impression qu’une activité doit être longue ou difficile pour compter. Pourtant, une heure passée dehors avec une belle lumière peut suffire à donner sa couleur à toute une journée.

Je conseillerais aussi de ranger son appareil photo de temps en temps. C’est agréable de rapporter des images, mais ça vaut la peine de garder quelques minutes où l’on regarde simplement autour de soi.

KARIM

Et le ski de fond, pour ceux qui voudraient essayer ?

DAVID

Je commencerais sur un parcours facile, en demandant conseil sur la technique et sur l’itinéraire.

Le mot « fond » peut donner l’impression d’un sport forcément très exigeant. On peut pourtant vouloir simplement découvrir la sensation de glisse. Mais il faut rester modeste au départ : savoir avancer n’implique pas encore d’être à l’aise dans une descente ou pour s’arrêter.

Là encore, la réussite de la journée ne se mesure pas à la distance. Si l’on termine avec l’envie de recommencer, c’est déjà un excellent résultat.

KARIM

Passons à une autre grande image de l’hiver québécois : la motoneige. Dans Lanaudière et en Mauricie, elle a toute sa place dans le voyage ?

DAVID

Et comment ! Nos deux régions totalisent plus de 4 800 km de sentiers entretenus dédiés à la pratique de la motoneige, qui, rappelons-le, est une invention québécoise. Pour aborder cet incontournable à travers une adresse concrète, on peut parler de l’Auberge du Lac Taureau, à Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière.

Ce grand établissement de villégiature 4 saisons, comme d’autres, propose la location de motoneige et la possibilité de réserver un guide. C’est une formule que je privilégierais pour une première expérience.

L’auberge permet aussi de composer un séjour avec d’autres activités : raquettes, ski de fond, patin, traîneau à chiens, pêche blanche ou encore fatbike figurent dans son offre hivernale. Cela peut convenir à un groupe dont tous les membres ne souhaitent pas faire la même chose.

KARIM

Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui associe surtout la motoneige à la vitesse ?

DAVID

Je lui proposerais de réfléchir d’abord en termes de parcours.

Qu’a-t-il envie de découvrir ? Une première boucle pour se familiariser avec la conduite ? Une sortie plus longue, avec une étape pour manger ? Un grand raid s’étalant sur plusieurs jours ?

Ce sont des projets différents. Pour une initiation, je chercherais surtout une formule où l’on peut prendre confiance, s’arrêter et poser des questions.

Le bon souvenir, ce n’est pas nécessairement d’avoir roulé beaucoup. Ça peut être le moment où l’on coupe le moteur, où l’on enlève son casque et où l’on regarde enfin tranquillement le paysage qu’on vient de traverser.

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Motoneige – Auberge du Lac Taureau

KARIM

Et quand on réserve, il faut regarder autre chose que la durée de la sortie.

DAVID

Oui. Je demanderais ce qui est compris : l’accompagnement, l’équipement, le carburant, les conditions pour conduire ou voyager comme passager.

À l’Auberge du Lac Taureau, par exemple, la location et la sortie guidée sont présentées séparément. Il faut donc bien comparer la prestation complète, pas seulement un prix affiché en face d’une motoneige.

Et je décrirais franchement mon niveau d’expérience. Dire « je n’en ai jamais fait » est beaucoup plus utile que d’essayer de paraître à l’aise avant même d’avoir commencé.

KARIM

Donc on garde le grand raid motoneige pour un prochain épisode ?

DAVID

C’est ça. Et surtout pour un prochain voyage ! Une première sortie peut justement aider à savoir si l’on a envie d’aller plus loin.

KARIM

Tu as parlé d’endroits où chacun peut choisir son activité. Ça nous amène aux pourvoiries.

Pour nos auditeurs européens, le terme reste parfois un peu mystérieux. On imagine encore un endroit réservé aux pêcheurs ou aux chasseurs.

DAVID

Le mot est effectivement associé à la chasse et à la pêche car historiquement, ces lieux ont d’abord été des clubs privés de chasse et de pêche. Mais aujourd’hui, les pourvoiries accueillent aussi des voyageurs qui viennent pour un séjour au grand air rempli d’activités variées, sans forcément pratiquer l’une ou l’autre.

En Mauricie, à Saint-Alexis-des-Monts, la Pourvoirie du Lac Blanc, en est un bon exemple.

Son offre hivernale comprend des sentiers pour la raquette et le ski de fond, une patinoire, des glissades sur tubes, du traîneau à chiens ou encore des sorties en nature en compagnie d’un trappeur. Les villégiateurs ont également accès à un centre aquatique avec piscine chauffée et bain à remous.

Cela permet d’envisager des journées variées en restant sur un même site.

KARIM

Comment tu imagines une journée sur place, en famille ?

DAVID

Je commencerais avec une seule vraie intention pour la matinée. Par exemple, une sortie en raquettes.

Ensuite, on rentre, on mange (je vous conseille de ne pas manquer la truite locale au restaurant), on voit comment tout le monde se sent. Si les enfants ont envie de s’amuser, on repart pour les glissades. S’ils sont fatigués, on choisit autre chose.

J’éviterais de transformer une belle offre d’activités en obligation de tout essayer. Le fait d’avoir plusieurs possibilités sert justement à pouvoir adapter la journée.

Et puis, en famille, on découvre vite que le moment préféré des enfants n’est pas forcément celui qu’on avait imaginé. On a organisé une grande sortie, et eux veulent surtout retourner sur la patinoire… un classique !

KARIM

Avec l’avantage de pouvoir se séparer un peu, selon les envies.

DAVID

Oui, si l’organisation du groupe le permet. Tout le monde n’a pas nécessairement le même rythme ni la même curiosité.

L’un peut vouloir prolonger la promenade, l’autre rentrer lire. On se retrouve ensuite pour manger et chacun raconte sa journée.

Pour moi, c’est une bonne question à se poser au moment de choisir l’hébergement : est-ce que cet endroit nous permettra de vivre facilement les vacances dont nous avons envie ?

Les photos de la chambre comptent, mais l’organisation des journées compte tout autant.

KARIM

Restons dans l’univers des pourvoiries avec la pêche blanche. On s’installe vraiment au-dessus des poissons, avec une ligne qui traverse la glace ?

DAVID

C’est le principe de cette activité qui nous vient, tout comme le traîneau à chiens d’ailleurs, des peuples autochtones et inuits. Pour être plus précis, on creuse préalablement un trou qui permet de faire descendre la ligne dans l’eau sous la glace.

Le Domaine Bazinet, dans Lanaudière, est une des adresses à retenir pour découvrir cette pratique ancestrale. Le site fournit les brimbales, ces dispositifs utilisés pour la pêche, et se charge de percer les trous dans la glace du lac.

L’offre distingue notamment les visiteurs à la journée et les personnes qui séjournent sur place. Pour certains séjours en chalet au bord du lac, les trous sont percés devant l’hébergement. Des cabanes chauffées sont également proposées aux visiteurs à la journée selon la formule réservée.

Pourvoirie du Lac Blanc (Lanaudière et Mauricie, Québec)

Pourvoirie du Lac Blanc (Lanaudière et Mauricie, Québec)

KARIM

Ça peut donc être une initiation, même si on n’a jamais tenu une canne à pêche ?

DAVID

C’est justement le genre d’expérience pour laquelle je choisirais une formule organisée.

On annonce qu’on débute, on demande comment se déroule l’activité, ce qui est prévu et ce qu’il faut apporter. Cela évite d’arriver en imaginant une chose complètement différente.

Et je conseillerais de ne pas envisager la pêche uniquement comme une attente. On peut aussi être curieux de la technique : comment installe-t-on la ligne ? Comment repère-t-on une touche ? Comment fonctionne la brimbale ?

Quand on comprend ce qu’on regarde, on s’intéresse autrement à ce qui se passe.

KARIM

Après la motoneige, on change quand même franchement de rythme.

DAVID

Et c’est ce qui me plaît dans l’idée de les associer au cours d’un séjour. C’est comme cela qu’on se familiarise le mieux avec les différentes facettes de l’hiver québécois.

On peut avoir envie de bouger un jour et de rester davantage au même endroit le lendemain. Il n’y a pas une seule manière de profiter de l’hiver.

Je trouve aussi intéressant de choisir une expérience qu’on n’aurait pas spontanément réservée chez soi. Quelqu’un qui ne se considère pas comme pêcheur peut très bien être curieux de découvrir cette pratique pendant quelques heures, d’autant plus qu’elle est très ludique et conviviale..

KARIM

Mais on passe par un site organisé. On ne s’arrête pas devant le premier lac blanc avec une perceuse.

DAVID

Voilà, on laisse les professionnels déterminer où et comment l’activité se pratique. La couleur du paysage ne suffit pas à décider qu’on peut s’y aventurer.

KARIM

Est-ce qu’il y a une adresse que tu retiendrais pour ceux qui veulent sortir un peu du trio raquettes, chiens de traîneau et motoneige ?

DAVID

Sans hésiter, le Baluchon Éco-villégiature, à Saint-Paulin, en Mauricie.

On y retrouve notamment du ski de fond, de la raquette et du fatbike, ce vélo à pneus très larges que l’on peut pratiquer sur des sentiers adaptés à la neige. L’établissement propose aussi des expériences avec les chevaux, en randonnée ou en calèche.

Cela ouvre d’autres possibilités pour découvrir le domaine. Et il y a également une dimension gourmande, avec la salle à manger et l’Éco-café. On peut donc donner autant d’importance à la table qu’aux activités.

Le Baluchon (Mauricie, Québec) - Chalet Le Canotier

Le Baluchon Eco-Villégiature

KARIM

Le vélo sur la neige, c’est quelque chose que tu proposerais à un débutant ?

DAVID

Je lui proposerais de se renseigner pour une initiation et un parcours adapté. Le Baluchon présente des sentiers de différents niveaux ainsi que de la location de fatbikes à assistance électrique.

Mais je partirais avec une ambition raisonnable : découvrir les sensations, pas prévoir une grande expédition dès la première sortie.

C’est valable pour beaucoup des activités dont nous parlons. On peut être curieux sans devoir devenir spécialiste.

KARIM

Et la calèche, ça permet de laisser les jambes et les bras se reposer ?

DAVID

Ça permet surtout de choisir un autre moment dans la journée.

Dans un programme de vacances, je trouve agréable d’alterner une expérience où l’on est très actif et une autre où l’on se laisse davantage accompagner.

Ce qui m’intéresse au Baluchon, c’est cette possibilité de composer. On peut choisir le séjour selon ses goûts, au lieu d’avoir l’impression qu’il faut aimer une activité précise pour apprécier l’endroit. C’est aussi une destination parfaite pour pratiquer l’art des sensations extérieures et du réconfort intérieur, notamment grâce au centre de bien-être du Baluchon et à ses excellentes tables.

KARIM

Nous avons marché, glissé, pédalé… Il nous manque encore un point de vue : celui de là-haut.

Dans tes articles, tu évoques souvent des survols hivernaux. Qu’est-ce que ça apporte au voyage ?

DAVID

Une autre lecture du territoire, une façon de voir l’hiver québécois dans toute son étendue.

Hydravion Aventure propose notamment des vols hivernaux depuis Trois-Rivières. Parmi les parcours présentés, il y a un survol consacré aux lacs gelés et un autre à Trois-Rivières en hiver.

Les passagers disposent d’une fenêtre et peuvent écouter les commentaires du pilote grâce à un casque. C’est intéressant parce qu’on ne regarde pas simplement défiler des paysages : quelqu’un peut les situer,  les expliquer, et pour le coup, Alain Priem et l’équipe d’Hydravion Aventure sont excellents dans le savoir-transmettre.

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Hydravion Aventure

KARIM

Et le paysage qu’on vient de découvrir au sol prend une autre dimension ?

DAVID

Oui. Imagine que tu viennes de passer deux jours autour d’un lac. Tu connais un sentier, une rive, la vue depuis ton hébergement.

Depuis les airs, tu peux replacer ce petit morceau de voyage dans un ensemble beaucoup plus vaste. C’est cette différence de perspective que je chercherais.

Je verrais bien ce type d’expérience au milieu du séjour : on a déjà quelques repères, et l’on découvre ce qui les entoure, le territoire in extenso.

KARIM

Avec un peu de souplesse dans le programme, j’imagine.

DAVID

Oui. Il faut bien sûr échanger avec l’opérateur sur les conditions de départ, les disponibilités et la météo.

Et je ne réserverais pas sur la seule idée du mot « hydravion ». Je demanderais quel vol est proposé, quel parcours est prévu et si la formule comprend uniquement un survol ou une autre prestation.

Cela permet de choisir l’expérience qui correspond vraiment à ce qu’on imagine.

KARIM

Je pense que nous avons suffisamment bougé pour revenir à la promesse de l’introduction : le bain chaud au milieu de la neige.

DAVID

Alors direction La Source Bains Nordiques, à Rawdon, dans Lanaudière.

On y trouve des bains extérieurs, des installations chaudes et froides, des saunas, un bain de vapeur et des espaces de détente, dans un cadre de montagne, vraiment en pleine nature.

Il faut aussi préciser deux choses pour préparer sa visite : le site est réservé aux adultes et le silence y est demandé. C’est donc une étape à envisager pour une vraie pause tranquille et profiter des bienfaits des bains nordiques dans un cadre totalement idyllique.

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La Source Bains Nordiques

KARIM

Tu viens de décrire un endroit où je dois laisser mon téléphone et arrêter de parler.

DAVID

Et je peux te garantir que tu ne le regretteras pas !

Plus sérieusement, je ne placerais pas cette étape entre deux rendez-vous trop serrés. Si l’on regarde l’heure toutes les dix minutes, on perd un peu le sens du moment.

Je lui consacrerais une vraie plage dans le programme, avec le temps de se poser. On peut avoir passé la matinée dehors et décider que le reste de la journée sera consacré à la détente.

KARIM

Et pour ceux qui découvrent les bains nordiques, on ne vient pas relever un défi de résistance au froid.

DAVID

Exactement. On suit les indications du lieu et on reste à l’écoute de son confort. Personne n’a besoin de prouver quoi que ce soit à ses compagnons de voyage.

Ce que je chercherais là, c’est un moment très simple : pouvoir m’asseoir, regarder les arbres et ne rien avoir à organiser pendant un moment.

Dans des vacances où l’on découvre beaucoup de choses, cette pause peut faire autant de bien au programme qu’aux voyageurs. Précisons aussi qu’on mange vraiment très bien à La Source Bains Nordiques : vous ne regretterez pas de prévoir le repas sur place.

KARIM

Parlons maintenant de la nuit. Parce que, dans ce voyage, l’hébergement fait vraiment partie de l’expérience.

Si on rêve d’un grand hôtel en bois au-dessus d’un lac, où regarde-t-on ?

DAVID

Du côté d’un véritable emblème du genre : l’Hôtel Sacacomie, à Saint-Alexis-des-Monts, en Mauricie.

C’est une grande bâtisse en bois qui domine le lac, avec cette présence très forte du paysage. L’adresse figure parmi les hébergements que nous avons mis en avant pour un séjour hivernal.

Le GEOS Spa est aussi un élément important de l’expérience, avec ses installations de détente et son solarium donnant sur le lac.

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Vue aérienne de l’Hôtel Sacacomie © Claude Langlois

KARIM

Là, tu nous conseilles de rester assez longtemps pour profiter de l’hôtel lui-même.

DAVID

Oui. Si on choisit un établissement pour son cadre, je trouve logique de garder du temps pour ce cadre.

On peut décider de partir en promenade, puis revenir sans avoir prévu de ressortir immédiatement. S’installer avec un livre, regarder la lumière changer, prendre le temps de dîner.

Je poserais une question assez simple avant de réserver : « Est-ce que j’ai envie de passer du temps ici, même sans activité particulière ? » Si la réponse est oui, c’est souvent bon signe pour un séjour de plusieurs nuits.

KARIM

Et pour ceux qui préfèrent avoir leur propre petit refuge ?

DAVID

Direction Chalets Lanaudière, à Rawdon, qui propose plusieurs types d’hébergements, dont des chalets, des cabanes et des yourtes.

Sur le site, les activités hivernales comprennent entre autres la raquette, le ski de fond, le patinage et les glissades sur tubes. C’est une piste intéressante pour ceux qui cherchent à associer un hébergement en nature et des possibilités de plein air à proximité.

KARIM

Chalet ou yourte, comment choisir ?

DAVID

Je regarderais d’abord le fonctionnement concret de l’hébergement.

Comment se chauffe-t-il ? Où se trouvent les sanitaires ? Que peut-on cuisiner ? Comment accède-t-on au logement avec les bagages ? Qu’est-ce qui est fourni ?

Ces questions ne retirent rien au charme du lieu. Au contraire, elles permettent de savoir si l’expérience nous conviendra.

Certains adorent l’idée de changer leurs habitudes pendant quelques nuits. D’autres ont surtout envie d’un chalet confortable où se retrouver en famille. Les deux projets sont très bien.

KARIM

Tu avais aussi repéré des dômes dans Lanaudière.

DAVID

Oui, les Dômes St-Côme, à Saint-Côme, font partie des hébergements insolites que nous avons présentés. L’établissement propose des séjours en dômes dans un environnement naturel.

Je les regarderais notamment pour une escapade à deux, en prenant le temps de comparer les équipements et l’emplacement de l’unité réservée.

Et je ferais de cette nuit une étape à part entière. Quand on réserve un hébergement pour son caractère particulier, c’est dommage de ne lui accorder que les heures de sommeil.

KARIM

Après toutes ces idées, aidons nos auditeurs à choisir. Imaginons qu’ils disposent de cinq ou six jours pour Lanaudière et la Mauricie. Comment organiserais-tu le séjour ?

DAVID

Je commencerais par retenir deux expériences qui leur font vraiment envie.

Par exemple, le traîneau à chiens et une journée dans le parc national de la Mauricie. Ou la motoneige et un séjour en pourvoirie.

Ensuite, je choisirais les hébergements et les étapes autour de ces priorités. Pour une première découverte, deux points de séjour peuvent déjà permettre de varier les ambiances sans changer de chambre chaque jour.

Dans Lanaudière, on pourrait imaginer une première partie autour de Rawdon et de Saint-Liguori, avec une sortie en traîneau et du temps pour profiter de son hébergement. Puis une seconde partie en Mauricie, construite autour de l’adresse et des activités retenues.

Ce serait une proposition de rythme, à ajuster ensuite avec les distances et les réservations.

KARIM

Et l’Auberge du Lac Taureau ?

DAVID

Je la considérerais plutôt comme un point de séjour auquel on donne du temps. Si l’on décide de monter à Saint-Michel-des-Saints, autant organiser plusieurs journées autour de cette étape.

C’est la différence entre choisir une adresse parce qu’elle nous attire et l’ajouter parce qu’elle figure sur une liste. Une liste peut être longue ; les vacances, elles, ont une durée.

KARIM

Donc pas de programme avec traîneau le matin, pêche à midi, motoneige l’après-midi et spa avant le dîner.

DAVID

Je garderais cette journée pour un concours d’organisation !

Plus sérieusement, je prévoirais une activité principale, puis de la liberté autour. Cette marge permet de prolonger un bon moment ou de modifier ses plans.

Et bien sûr je demanderais aux hébergeurs ce qu’ils recommandent. On peut arriver avec des envies précises tout en laissant de la place à leurs conseils.

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Parc national de la Mauricie

KARIM

Dernière question pratique : comment éviter de se tromper dans les réservations ?

DAVID

En décrivant bien son groupe et ses attentes.

Il faut préciser l’âge des enfants, son niveau, les activités qui comptent vraiment et ce que l’on imagine du séjour. Puis vérifier ce qui est inclus, ce qui se réserve séparément et ce qui dépend des conditions.

Je regarderais aussi l’équipement disponible sur place avant de remplir les valises. Et je garderais le programme assez souple pour ne pas considérer un changement comme un échec.

Une sortie reportée peut devenir une matinée tranquille, une bonne table ou un moment qu’on n’avait pas prévu.

KARIM

David, si tu devais résumer l’esprit de ce voyage par une image, laquelle choisirais-tu ?

DAVID

Je choisirais le retour d’une sortie.

On vient de découvrir quelque chose : conduire un traîneau, marcher dans la neige, pêcher sur un lac gelé. On rentre, on pose les vêtements, on retrouve les autres au coin du feu.

Et la conversation commence : « Tu as vu ça ? », « Moi, c’est ce passage que j’ai préféré », « Demain, on pourrait essayer autre chose… »

C’est ce genre de moment que j’aimerais laisser aux voyageurs dans leur programme. Le temps de partager ce qu’ils viennent de vivre.

KARIM

Et pour quelqu’un qui se demande encore s’il aimera le Québec en hiver ?

DAVID

Je lui conseillerais de commencer par un séjour qui lui ressemble.

Si l’on aime marcher, on garde de la place pour les promenades. Si l’on aime bien manger et les beaux hébergements, on en fait une partie importante du voyage. Et l’on ajoute une ou deux expériences nouvelles, bien choisies.

On n’a pas besoin de se transformer pour découvrir l’hiver. On peut simplement lui faire une place dans ses vacances.

KARIM

Voilà une belle invitation.

Merci David de nous avoir accompagnés à travers Lanaudière et la Mauricie, entre chiens de traîneau, forêts enneigées, pourvoiries, bains nordiques et refuges au bord des lacs.

Vous retrouverez sur quebeclemag.com nos articles consacrés à l’hiver au Québec Authentique, ainsi que les adresses évoquées dans cet épisode pour préparer votre séjour.

Merci à toutes et à tous pour votre écoute. Abonnez-vous à la chaîne de podcasts de Québec Le Mag’ pour poursuivre le voyage avec nous.

À très bientôt pour une nouvelle escapade au Québec !

DAVID

À bientôt tout le monde !

Québec Le Mag'

Québec Le Mag'


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