Casse-Croûte du Roy
Entreprise familiale enracinée dans la région de Portneuf, le Casse-Croûte du
Du sirop, évidemment, mais aussi du beurre, de la tyre, des bonbons, des fondants, des galettes même. Quand on commence à transformer l’érable, les possibilités paraissent presque infinies. Et ça, chez Produit de l’érable Saint-Ferdinand B, on l’a bien compris.
Bonjour tout le monde, bienvenue sur le podcast de Québec Le Mag dans notre série Terroir et saveurs du Québec. Aujourd’hui, on s’arrête à Irlande, en Chaudière-Appalaches, pour découvrir une entreprise familiale qui travaille et transforme un des produits, peut-être le produit le plus emblématique du Québec depuis 35 ans. On va évidemment parler de sirop, mais on va surtout découvrir tout le savoir-faire d’une équipe. Un savoir-faire qui commence une fois que l’eau d’érable est devenue sirop. Comment on le transforme ? Comment on imagine des nouveaux produits ? Et comment on fait voyager toutes ces saveurs bien au-delà du Québec ? Pour nous raconter tout ça, j’ai le plaisir d’accueillir Jonathan Boutin.
Bonjour Jonathan !
Bonjour !
Bienvenue sur le podcast du Québec Le Mag’.
Merci !
Alors, dis-moi, est-ce que tu peux nous présenter un peu plus en détail ton établissement, comme tu le présenterais à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler?
Bien oui, bien sûr. En fait, nous, l’entreprise de Produits de l’érable Saint-Ferdinand B, c’est une entreprise familiale. Je viens d’acquérir l’entreprise de mon père qui a démarré en 89, mais vraiment a démarré en 93 l’entreprise complète. Nous, au début, on a commencé à faire justement le sirop d’érable.
Puis, on s’est vraiment posé sur le sucre d’érable. Fait que nous, on a 10 sortes de granulométrie, puis on est vraiment rendu une expertise très, très, très élevée. On a une entreprise de 18 employés qui travaille à l’année. On a même deux shifts de travail. On a déjà été à trois shifts, 24 heures sur 24, fournissant du sucre d’érable jusqu’au Japon. Nous sommes en train de rentrer en Suisse, nous sommes au Mexique aussi. Il y a plusieurs pays qui commencent à le découvrir le sucre d’érable.
Nous, la force de notre entreprise, mon père, quand même je pourrais dire a une bonne imagination parce que 85% des machines ici pour transformer le sucre d’érable, c’est mon père qui les a inventées. Ça fait qu’il n’existe pas les machines, on ne peut pas les acheter. Ça fait que ça, c’est une force que les autres compagnies, elles ne peuvent pas fabriquer le même sucre que nous.
Puis par la suite, comme je l’ai dit, je viens juste d’acquérir, ça fait depuis début septembre que j’ai acheté toute l’entreprise à mon père pour assurer la continuité de l’entreprise de produits d’érable de la famille.
Il y a un positionnement résolument international à l’entreprise. Comment on fait ? Alors d’abord, comment ça s’est produit ? De quelle manière vous avez décidé d’exporter une partie, une grande partie de cette production ? Et puis, comment vous faites pour aller chercher et ouvrir de nouveaux marchés ?
Comme le Japon, ça, c’est vraiment plus spécial. C’est eux qui sont venus nous chercher. C’est eux qui cherchaient du sucre d’érable. Ils sont venus voir mon père en 97. Ils ont laissé une carte d’affaires à mon père. Puis ils ont dit, on va revenir dans trois ans. Trois ans plus tard, ils sont revenus en 2000, puis ils ont demandé à mon père, as-tu la carte d’affaires ? Mon père a sorti la carte d’affaires, la carte d’affaires était encore intacte, fait qu’ils ont dit : « On va faire affaire avec vous ».
Puis depuis 2000, à cause de la carte d’affaires qui a été intacte, ils achètent ici, c’est un conteneur par mois de sucre d’érable, on parle d’environ 25 000 livres environ de sucre par mois qu’ils vont acheter. Parce que le Japon, ils n’ont pas de sucre blanc. Ils ont juste le sucre d’érable.
Puis par la suite, dans les autres pays, c’est vraiment avec les salons qu’on va aller faire, c’est des salons gastronomiques, les endroits alimentaires. Justement que je pars à Paris le 15 octobre, à Villepinte, à Villepinte à Paris, pour un salon qui va avoir 8000 exposants mondiaux. Puis on va présenter nos sucres d’érable.
Par la suite, c’est sûr que c’est quand même long de démarrer un projet international. Mais à date, tout va bien. La plupart du temps, c’est le monde qui vient nous chercher sans qu’on les cherche. Comme le Mexique, c’est eux qui sont venus nous voir. Eux, ils voulaient des granules, comme des pépites secs,. Puis là, tu vois, on commence à envoyer du stock au Mexique pour les produits d’érable.
C’est sûr que c’est un produit qui a vraiment une niche, qui est beaucoup plus dispendieux que le sucre blanc, mais pour la santé, le monde, les pays ont beaucoup de recherches à faire dessus et ils s’en vont vraiment vers le sucre d’érable dans tous les pays.
Est-ce qu’il vous reste malgré tout une partie de la production pour le Québec, pour le Canada ?
Oui, au Québec, il y a beaucoup de compagnies qui font du sucre d’érable. Il y a beaucoup de personnes qui vont vendre du sucre d »érable, mais ça va être nous qui allons le faire. Ils vont venir ici et on fait la marque privée.
Le monde peut venir ici, ils viennent, il y a des producteurs, ils vont à 4 barils, eux c’est pour vendre à leur famille, on va faire les 4 barils, on fait un sac à leur nom, on leur vend. On a de la grosse compagnie citadelle que ça fait 20 ans et plus qu’on fait tout leur sucre d’érable, puis eux ils vendent à l’état national.
Il y a beaucoup, beaucoup de compagnies pour qui, en fait, c’est nous qui faisons le sucre en fait.
Je l’ai dit aussi, il y a quand même quelques produits finis, vous les vendez sur votre site internet, sur l’e-boutique. C’est devenu une niche, ça, ou c’est quelque chose qui vous tient à cœur de prouver aussi que vous êtes capable de faire cette transformation de produits plus « grand public » ?
Oui, c’est sûr qu’on a du beurre d’érable, on a ces choses-là, mais nous, on ne va pas dans les épiceries ou ces choses-là. C’est vraiment, il y a du monde qui va venir, puis eux, ils vont s’occuper de la distribution. Puis ça, j’ai tout à l’heure dit, le magasin, puis le petit site Internet, ça a toujours été vraiment comme le petit hobby de ma mère. Elle aime ça, elle aime le public, elle aime voir le monde, parce qu’on a beaucoup d’autobus qui viennent visiter l’entreprise.
Ma mère, son petit hobby, elle adore ça. J’ai décidé de le garder. Tant qu’elle va vouloir, elle va l’avoir. Après ça, j’ai des enfants aussi. Ils commencent déjà à venir travailler avec moi. J’ai cinq filles. J’en ai deux qui sont déjà là. Ils viennent travailler. Je ne les oblige pas à faire leur vie ici. Il faut qu’elles aillent essayer autre chose. Même si, à date, je souhaite avoir une relève aussi.
Est-ce que ça a toujours été évident pour toi de travailler dans l’entreprise, de reprendre l’entreprise de ton père ?
Non. C’est sûr que toujours, travailler avec nos parents, c’est sûr qu’on dîne ensemble, on travaille ensemble. Les fins de semaine, on va se voir, on fait le souper de famille ensemble. C’est sûr que de temps temps en temps, il peut y avoir des petits accros. Mais sinon, tout va super bien. Mon père en était très heureux. On est trois enfants. Je suis le seul dans l’entreprise. Il était très heureux que je décide de prendre la relève et de continuer de l’avant avec ce qu’il avait créé.
Qu’est-ce qui t’a décidé à prendre la relève ? Et qu’est-ce que tu aimes le plus aujourd’hui dans ton quotidien ?
Premièrement, le sucre d’érable. Je suis quelqu’un qui en mange énormément.
Qu’est ce que j’aime ? J’aime travailler ici, j’aime travailler le sirop d’érable. J’aime aussi beaucoup mes employés. On est une belle famille ici. Mes employés, ça fait 13, 15 ans, 20 ans qu’ils sont ici. Fait qu’on a comme une belle famille, une belle énergie. Puis c’est ça qui me fait que je reste ici. C’est vraiment l’énergie qui est bonne à travailler. Tu sais, je me lève, je ne me force pas à venir.
Si on ne devait retenir qu’une seule chose de ton entreprise, qu’est-ce que ce serait ?
Ben, qu’on fait le meilleur sucre d’érable au monde. C’est assez évident.
Merci Jonathan pour cette visite sur le podcast de Québec Le Mag.
Merci à toi.
Et puis, merci à vous pour votre écoute, merci pour votre fidélité. À bientôt pour un nouvel épisode du podcast de cette série Terroir et saveurs du Québec.
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