Terroir & Saveurs du Québec | Anne et Julie Lachance – Le Relais des Pins


Anne et Julie Lachance perpétuent la grande tradition du Temps des Sucres sur l'Île d'Orléans dans leur établissement familial - dont elles sont la 3e génération : le Relais des Pins.

Les traditions ont toujours meilleur goût quand on les partage. Et quand on parle de goût et de tradition au Québec, c’est difficile de ne pas penser au temps des sucres. Les grandes tablées, les plats généreux, le sirop d’érable et puis cette ambiance si particulière des cabanes à sucre. C’est tout un pan de la culture québécoise qu’on retrouve dans ces lieux qui, généralement, s’éveillent au printemps.

Bonjour tout le monde, bienvenue sur le podcast de Québec le Mag, dans notre série Terroir et saveurs du Québec. Aujourd’hui, on traverse le Saint-Laurent, on va rejoindre l’île d’Orléans, plus précisément Sainte-Famille, où le Relais des Pins perpétue cette tradition gourmande et conviviale des cabanes à sucre. On va donc parler d’érable, bien sûr, mais aussi de cuisine, de famille, de transmission, et puis de cette capacité qu’ont les cabanes à sucre à rassembler toutes les générations autour d’une même table.

Pour nous parler de ça, pour nous raconter l’histoire du Relais des Pins, j’ai le plaisir d’accueillir Anne et Julie Lachance. Bonjour toutes les deux!

Bonjour!

Synchronisée en plus! Alors, bienvenue sur le podcast du Québec Le Mag. Merci d’être là.

Merci à vous. Merci de l’invitation.

Alors, laquelle des deux va nous faire une présentation de ce qu’est le Relais des pins ?

Je peux commencer.

En fait, le Relais des pins, ça a commencé il y a très longtemps avec notre grand-père. Donc, nous, on fait partie de la troisième génération, mais la quatrième est déjà en place. La cinquième, tout petit, mais il s’en vient. Donc, c’est une entreprise familiale. C’est ça que qu’on est fiers de pouvoir continuer à faire connaître, pas seulement, c’est ça, on n’est pas seulement connu pour les Québécois, mais au Québec, mais qu’on veut faire connaître partout, partout ailleurs.

Qu’est-ce qui rend le Relais des Pins différent des autres cabanes à sucre ?

Je ne crois pas qu’on ait été, on n’est pas nécessairement unique parce que les cabanes à sucres au Québec, il y en a tellement, Je ne saurais même pas comment dire combien on en a dans la province de Québec. Mais sur l’île d’Orléans, c’est sûr qu’on est choisi d’être sur une belle île fertile. Donc oui, d’être sur l’île d’Orléans, ça nous distingue un peu.

Puis c’est sûr qu’on garde l’entreprise familiale. C’est les recettes dès le départ de notre grand-mère. On est fiers de faire tous les produits que vous mangez à la table, que ce soit vraiment des recettes originales.

Cuisiner, cuisiner sur place, avec amour. C’est ça qui peut nous distinguer le plus. C’est vraiment cet esprit de transmission.

On parlait justement dans l’introduction de cette notion de transmission familiale. C’est quelque chose qui, pour vous, est vraiment important et qu’il faut absolument garder.

Oui, oui, oui, c’est sûr que c’est ça, c’est une belle richesse, c’est quelque chose qui fait partie de la culture québécoise, donc oui, puis on espère que les enfants, nos enfants puissent continuer aussi, c’est vraiment le but, oui.

Est-ce que malgré tout, vous vous êtes autorisé, quand vous avez repris les rênes de l’établissement, quelques petits ajustements, une petite modernité, peut-être quelques très légères modifications à certaines recettes ?

On a évolué au niveau des plats. Exemple, je dirais, le dernier changement qu’on a apporté, c’est au niveau du jambon, qui avant était une fesse cuite, toupie, et pour la moderniser, on en a fait maintenant un jambon qu’on appelle effiloché, qui était plus tendance et que les gens apprécient davantage, je crois.

Et au niveau de l’accueil de l’établissement, comment les choses ont changé, ont évolué, ont grandi avec le temps ?

C’est sûr qu’on n’est plus fonctionnel seulement en mars et avril, on était à l’année, parce que justement, on veut faire découvrir à tout le monde, qui veulent en connaître davantage sur le monde de l’érable. Donc, c’est sûr qu’il a fallu s’adapter à des choses.

On a une machine à neige. Pour pouvoir donner de la tire d’érable sur la neige à l’année. Donc les gens sont là, ah oui, ben oui, on a une machine à neige. Donc ça, c’est vraiment une chose importante que l’on a.

Puis dernièrement aussi, on s’est… On a refait toutes les terrasses, toutes les entrées, les salles de bain pour être adaptées aux mobilités réduites. Donc oui, c’est ça. Donc là, vraiment, on est fiers de ça, là, qu’on a vraiment pu être accessible à tout le monde, là, au niveau de l’accessibilité.

Puis au niveau aussi, on a une vidéo, quand les gens ne viennent pas en mars et avril, s’ils veulent apprendre comment ça fonctionne dans mars et avril. On a une vidéo qui explique vraiment très bien avec des images du temps des sucres. Puis donc, les gens peuvent voir. Puis aussi, c’est en trois langues et on a des sous-titres en plusieurs langues. Donc, on s’adapte vraiment à toute la clientèle.

Est-ce que, pour vous, ça a toujours été une évidence d’être là où vous êtes ? Est-ce que depuis toute petite, vous vous dites «nous, un jour, on sera les directrices du Relais des Pins» ?

Pas du tout! C’est à cause de notre oncle, en fait, mais non.

Pas du tout, parce qu’en fait, on est en restauration, parce qu’on a un autre restaurant sur l’île, mais qui est saisonnier. Et avec le temps, c’est ça, on a voulu s’étendre un peu et l’opportunité nous est venue. Et on a dit, bon, il faut garder le patrimoine dans la famille et perpétuer cette tradition. Mais c’est ça. On n’était pas du tout occupés aux tâches de l’acériculture au départ.

Est-ce qu’il y a eu des difficultés ?

C’est qu’en réalité, comme on disait, c’est le grand-papa qui avait fondé la cabane à sucre, et donc lui, de ses 19 enfants, ma mère étant le bébé, et on a acheté de notre oncle, et donc c’est la transition de cette génération-là où nous ne connaissons pas nécessairement la fabrication ou quoi que ce soit. C’est peut-être les petites embûches qu’on a connues, mais étant une famille tissée serrée, on a été capables de surmonter tout ça.

Aujourd’hui, qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre activité au Relais des Pins ?

Moi, ce que j’aime le plus, c’est de pouvoir partager justement à tout le monde. La cabane à sucre, c’est quelque chose qui fait partie de la culture québécoise. J’en suis fière. Je veux vraiment l’expliquer, puis en parler. Les gens sont intéressés aussi à savoir notre histoire. Moi, c’est ce qui me passionne.

C’est à peu près la même chose pour moi, de voir l’émerveillement, peu importe la nationalité qu’on va avoir, mais de vivre le même moment, même si on ne se comprend pas, et d’avoir les mêmes émotions de rassemblement et de festivité.

Nous, quand les gens viennent visiter Québec, on leur donne quelques conseils, quelques adresses où ils devraient passer, supposer que les gens n’aient rien prévu, ils arrivent chez vous, ils profitent d’un bon repas, Et puis ils vous disent, qu’est-ce que vous me conseillez d’aller voir ? C’est quoi, vous, vos coups de cœur dans la région ?

C’est sûr qu’on va les garder sur l’île le plus longtemps possible, mais sur l’île, il y a beaucoup de cidreries, de vignobles qui essaient avec toutes sortes de cépages différents, donc il faut se laisser tenter, évidemment, par ces produits. Et on transforme beaucoup de produits alimentaires, donc plein de petites kiosques qui vont vous offrir marmelade ou marinade, confiture, on retransforme vraiment les produits de la terre ici.

Mais comme je disais tout à l’heure, c’est sûr que j’inviterais les gens à passer au Moulin de Saint-Laurent pour aller découvrir à la table tous les produits parce qu’on met en honneur justement nos producteurs locaux.

Est-ce qu’il y a une idée reçue sur votre métier ou sur les cabanes à sucre que vous aimeriez bien déconstruire aujourd’hui ?

Il y a un cliché que les gens pensent que l’arbre coule à longueur d’année. Ça, c’est sûr qu’ils ne comprennent pas que c’est vraiment une courte période dans l’année et que ça dépend vraiment de la température. Beaucoup de gens pensent qu’on récolte l’eau d’érable à l’année.

Ou aussi, on dit la sève d’érable, mais c’est pas la sève que l’on récolte, c’est vraiment l’eau d’érable. Donc, c’est le gel et le dégel qui se fait dans cette courte période de mars et avril qu’on récolte. Et non pas la sève, parce que la sève, ça n’a pas bon goût.

Non, pas du tout.

C’est important à savoir, vous voyez, moi-même, j’étais plutôt dans ce cliché-là. Donc, merci pour…

Mais tout le monde dit la sève, donc c’est correct !

Une dernière question avant de vous laisser repartir à vos occupations qui doivent être nombreuses. Si vos visiteurs ne devaient repartir qu’avec une seule chose de leur séjour, de leur passage au relais d’épargne, qu’est-ce que ce serait ?

C’est sûr qu’en produit, le beurre d’érable, c’est quelque chose de très, très, très typique. Sinon, ça serait la cuillère de bois musicale. Donc ça, c’est un instrument musical que les gens aiment ou n’aiment pas. Ça dépend s’ils veulent… Après ça, les petits-enfants, ça peut venir assez bruyant pour tes oreilles. Mais oui, c’est les deux choses qui me viennent.

Sans se consulter, je dirais la même chose.

Voilà, cuillère de bois musicale et beurre d’érable, c’est ce qu’on viendra chercher au Relais des Pins. En plus de toutes les recettes, la tradition familiale, l’accueil et les sourires, visiblement, qui sont présents. On va se dépêcher de trouver un moment pour passer chez vous.

Oui, ça va nous faire plaisir de vous accueillir.

Un tout grand merci Anne et Julie d’être venues nous voir, d’être venues nous parler de votre établissement. A toutes, à tous, merci pour votre écoute. Merci pour votre fidélité. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode.

Plus d’infos sur le Relais des Pins : https://www.quebeclemag.com/cabane-sucre-relais-des-pins/

Québec Le Mag'

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