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Terroir & Saveurs du Québec | Tom Rand – Domaine Héritage
Quand on parle du Québec et plus précisément du terroir québécois, on pense
Peut-on faire pousser des kiwis au Québec ? Oui, et même plutôt bien. Pour le vérifier, on se rend à Lacolle, en Montérégie, à quelques kilomètres de la frontière américaine. C’est là que Nadine Gelly et Claude Gagnon ont décidé de se lancer dans cette aventure un peu pittoresque : redonner vie à une terre en friche pour y cultiver des kiwis arctiques.
Bienvenue sur le podcast de Québec le Mag, bienvenue dans cette série Terroir et saveurs du Québec. On découvre donc aujourd’hui la ferme du Mihouli, une ferme de kiwis donc, mais surtout un lieu qui a été imaginé autour de la terre, autour du terroir, autour de la gastronomie et des rencontres. Et pour nous raconter cette belle aventure, je suis avec celle qui l’a imaginée avec son conjoint Nadine Gelly.
Bonjour Nadine.
Bonjour, ça va bien ?
Ça va très bien, merci. On est content de t’accueillir sur le podcast de Québec le Mag.
Ça me fait plaisir d’être là.
J’ai évidemment un peu dévoilé ce qu’est la ferme Mihouli, mais il n’y a personne de mieux placé que toi pour nous en parler. Si tu dois la présenter à quelqu’un qui ne la connaît pas du tout, comment fais-tu ?
Alors, comme tu le mentionnais au début, nous sommes situés dans la région, la magnifique région de la Montérégie, très au sud. La Montérégie est très, très au sud du Québec, ce qui lui apporte aussi une température, un climat qui est plus chaud que bien des endroits au Québec. Donc ça, c’est un avantage.
Donc la ferme du Mihouli, qui est une culture de kiwis arctique, effectivement, donc le petit kiwi qui n’a pas de poils. Ce n’est pas comme celui-là qu’on a, nous, sur les étagères et des supermarchés. Et on accueille les touristes sur notre ferme. On voulait vraiment créer une communauté autour de ce projet-là parce qu’il y a beaucoup, naturellement, de curiosités par rapport aux Kiwis. Donc, on voulait vraiment être capable de renseigner les gens sur sa culture.
On a de la gastronomie, on a un espace au champ où les gens peuvent venir la fin de semaine profiter de la nature et de manger des pizzas au four à bois qui sont faits sur mesure. On a des salsas faits maison. Et surtout, on fait la dégustation des vins, des bières et des cidres de la Montérégie. Donc, on est exclusivement avec des producteurs maraîchers et vignerons de la région.
Est-ce que tu peux nous en dire plus sur la différence entre les kiwis qu’on connaît, ces fameux kiwis, avec les poils ?
Les kiwis à poils, ouais, c’est ça !
Et les kiwis arctiques ?
Donc, le kiwi naturel, la différence c’est qu’il est beaucoup plus petit. Il y a plusieurs cultiveurs dans le kiwi et il faut le savoir plusieurs sortes. Donc, il y a deux grandes familles. Il y a le petit kiwi qui est vraiment la grosseur d’un raisin, qui lui est présentement, on est dans la saison de ce type de kiwi-là, donc qui est là fin août. Et on en a un autre qui va venir plus vers le milieu septembre jusqu’au milieu octobre. Et là, c’est un petit pruneau, la grosse armée. Le goût, c’est le même goût que le kiwi jaune ou le golden kiwi qu’ils appellent. Donc, il est beaucoup plus sucré que le kiwi qu’on est habitué de manger avec le poil, le vert qui est un petit peu plus acide. Là, on tombe dans un kiwi qui est beaucoup plus sucré.
Ce qu’il faut savoir, c’est comme la pomme aussi, il y a des variétés dans le kiwi et chaque variété a son goût. Des fois ça peut goûter l’ananas, des fois ça peut goûter la mangue, c’est vraiment très différent comme dans les pommes.
Comment tu as découvert ce kiwi et qu’est-ce qui t’a donné envie de le cultiver ?
J’ai toujours aimé l’agriculture. Je voulais être botaniste quand j’étais jeune et au bout du compte, j’ai travaillé en tourisme, alors pas tout à fait à la même place. Mais dans ce projet-là, j’ai vraiment joint les deux côtés. Le côté où j’aimais beaucoup tout ce qui était les plantes et l’autre côté, naturellement, mon amour pour le tourisme. C’est arrivé tellement par hasard où je suis allée dans un centre-jardin J’ai toujours aimé les plantes qui sortaient de l’ordinaire, donc je suis arrivée au centre-jardin et j’ai vu qu’on pouvait pousser des kiwis. Il y avait des kiwis, des plantes kiwi. Alors je suis arrivée sur internet, à la maison, comment on fait pousser les deux plantes kiwi que j’avais achetées. Et c’est là que j’ai vu qu’on pouvait faire la grande production. Et six mois plus tard, on achetait la ferme. C’est aussi drôle que ça. C’est parti de deux plans dans notre maison, qui était au nord de Montréal, avec ma vie folle de Montréalaise, et d’aller jusque dans une ferme six mois plus tard.
Quelles sont les grandes difficultés que tu as rencontrées, et à quel moment tu t’es dit, ça y est, c’est bon, on a vraiment fait le bon choix ?
Le jour 1, en fait, j’ai dit qu’on avait fait le bon choix. Il y a beaucoup d’enjeux. C’est drôle parce que les fermiers du coin, dès qu’on est arrivé, c’est quelque chose qu’on a fait rapidement. On a vraiment, parce qu’on ne connaissait pas nécessairement de gens à la colle, en fait, on ne connaissait pas de gens à Lacolle. Mais très rapidement, on s’est impliqués dans la communauté. Je suis dans le comité de développement durable de la municipalité. On a parlé avec les agriculteurs du coin qui sont dans la grande culture.
Et ce qu’ils me disaient, c’est «Mais mon Dieu, est-ce que ta vie était triste là à Montréal pour venir t’empêtrer dans l’agriculture?» Et ce que j’ai dit, c’est : moi, j’ai ma carrière, je travaille encore, mon conjoint a fait sa carrière aussi. Nous, on n’a pas la même pression que ça fonctionne, que eux, que si ça ne fonctionne pas, ils ne sont pas capables de nourrir leur famille. Nous, on est pas dans cette situation-là. Donc, ça nous amène à avoir une autre philosophie. Les échecs, pour nous, ça n’a pas la même connotation. Un échec, pour moi, nous permet d’aller d’évoluer, de faire de la recherche et de développement parce que c’est ça qui nous intéresse dans le kiwi. On a beaucoup de recherche et de développement à faire au Québec. C’est connu un petit peu en France. Il y en a beaucoup de ce type de kiwi-là, aux États-Unis aussi. Mais nous, par nos températures et tout ça, on a quand même beaucoup de recherches à faire de ce côté-là pour que ça soit un vrai succès. Mais c’est ça qui m’intéresse.
Donc dans l’échec, il y a aussi de l’apprentissage. C’est ça ma philosophie.Je suis bien fait ou mal faite de ce côté-là pour ça.
Et qu’est-ce que tu aimes le plus aujourd’hui dans ton quotidien, dans ton métier ?
La variété, parce qu’il y en a beaucoup de variété. Ce qui me rend le plus heureuse, c’est à 5h30 du matin, quand le lever du soleil, je pars avec mon café et mes écouteurs et que je m’en vais dans mon champ. De voir aussi que ça, c’est une période qui est vraiment exceptionnelle et de découvrir aussi que ça fait seulement 4 ans qu’on a la terre. On dirait que ça fait 15 ans. Mais de voir que cette terre-là était en friche, qu’il n’y avait rien qui poussait, même pas la mauvaise herbe, et qu’aujourd’hui, on a une biodiversité exceptionnelle sur notre petit lapin de terre, juste de voir comment c’est rapide à remettre de la biodiversité. On a des oiseaux qu’on ne voit pas ailleurs dans la région, mais qui viennent nicher sur notre terre. Pour moi, ça, c’est le plus beau des succès.
Pourquoi la Montérégie ?
Moi, je viens de Québec. En fait, il aurait pu y avoir l’île d’Orléans parce qu’en plus, dans l’histoire de ma famille, c’est le frère de mon grand-père qui a implanté la fraise de l’île de l’Orléans, la fameuse fraise à l’île de l’Orléans. C’est lui qui l’a implantée. On a été voir une maison là-bas, un peu froide, très venteuse, peut-être moins intéressante. Et la Montérégie, c’est une région qui est quand même près de Montréal, qui a un bassin immense de touristes. On a les Américains qui sont juste à côté, on a des grandes villes américaines qui viennent souvent sur la ferme. Il y a aussi tout le bassin de clientèle de Montréal, d’un peu partout.
C’est une région qui est immense. Avec plein de particularités, mais très dynamiques. Donc, pour nous autres, là, et les terres sont aussi magnifiques. Il faut savoir que nous, notre terre, on est sur la rivière Richelieu, donc on a vraiment une plage sur la rivière Richelieu. On a une partie de forêt, on a une partie de terre agricole et une partie où on a notre résidence et où on a notre restaurant, notre hébergement et tout ça. Donc, c’est une terre qui est vraiment exceptionnelle. Pour être capable de faire du tourisme et c’est ça qui nous avait attiré. La proximité de Montréal, le dynamisme de la région et l’emplacement naturellement qui était assez exceptionnel.
Si tes visiteurs ne devaient repartir qu’avec une seule chose, matériellle ou pas, de leur passage chez toi, qu’est-ce que ce serait ?
De repartir, parce qu’il y a des choses qu’on ne part pas, mais qui sont incontournables. On a notre fameuse crème glacée molle au kiwi que l’on fait et qui est un grand succès. Les gens font plusieurs détours pour venir la manger. Sinon, pour repartir, on a une sauce piquante au kiwi qui est vraiment très bonne, ainsi qu’une confiture. En fait, on a plein de produits, mais je dirais les produits signatures. C’est sûr que la confiture de kiwi et la sauce piquante de kiwi. Ça, c’est mon petit coup de cœur, la sauce piquante de kiwi.
Voilà, donc si vous visitez Montréal, si vous visitez les alentours de Montréal, faites un petit détour par le Montérégie pour aller voir comment on fait pousser des kiwis. Goûtez tous ces produits au kiwi. Allez rendre visite à la ferme du Mihouli de notre part.
Tout savoir sur la Ferme du Mihouli : https://www.fermedumihouli.com/home
Merci beaucoup pour cette visite.
Merci beaucoup.
Et puis merci pour votre écoute. Merci pour votre fidélité. À bientôt pour un nouvel épisode du podcast de Québec le Mag.
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