Terroir & Saveurs du Québec | Judy Ouellet – Les Délices du Lac-Saint-Jean


Direction le Saguenay-Lac-Saint-Jean où notre invitée du jour, Judy Ouellet, nous présente les Délices du Lac-Saint-Jean

Dans une série qui se propose de rencontrer des passionnés du terroir et des saveurs du Québec, c’était difficile de passer à côté d’une des gourmandises les plus célèbres de la région, les bleuets. Vous l’avez compris, on est de passage aujourd’hui au royaume de cette petite baie bleue, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, plus précisément à Albanel, où notre invitée du jour, Judy Ouellet, va nous présenter les Délices du Lac-Saint-Jean.

Bonjour, Judy.

Bonjour, Karim, ça va bien ?

Très bien, merci. Et toi ?

Oui, super.

Bon, merci d’être présente sur le podcast du Québec Le Mag. Et puis, pour commencer, je vais te demander de présenter les Délices du Lac-Saint-Jean. Qu’est-ce que c’est exactement ? Qui êtes-vous ? Et qu’est-ce que vous y proposez ?

Délice du Lac-Saint-Jean, c’est une entreprise qui est passionnée par le bleuet sauvage. Donc, physiquement, nous, on est Délices du Lac-Saint-Jean, Économusée de la confiturière bleuet sauvage. Donc, dans le cadre touristique, on accueille les gens pour les informer sur l’histoire, le patrimoine immatériel que représente le bleuet sauvage dans la région, évidemment, et aussi toute la transformation autour de ce fruit-là. Donc, confiture, sirop, tartinade, bref, on en a beaucoup. Beaucoup, beaucoup, qui sont à base de bleuets.

Puis on est une entreprise qui était au départ familiale, qui est encore familiale, mais dans sa grande famille Délices. Donc, on est vraiment tous amis et c’est une belle équipe.

Les Délices du Lac-Saint-Jean - Photo Charles Olivier

Photo Charles Olivier

Je lisais sur le site Internet delicesdulac.com que vous avez même noté une mission qui est de nourrir le Québec de bleuets sauvages du lac Saint-Jean. C’est ambitieux, c’est vraiment votre ADN ça ?

Oui, dans le fond, pour nourrir le Québec de bleuets sauvages du Lac-Saint-Jean, ça commence avec l’éducation. Donc, c’est pour ça aussi que l’économusée, la tournée de guides, dans le fond, d’informer les gens. Le bleuet sauvage, vous allez remarquer, je dis toujours sauvage, parce que c’est bien pour le différencier, des bleuets de Corinthe, le bleuet géant qu’on retrouve en supermarché toute l’année. Donc, le bleuet sauvage, vraiment spécifiquement d’ici, dans la région, un peu partout aussi, mais vraiment, on est reconnu pour ça. Pour éduquer les gens, c’est pour les sensibiliser à leurs achats aussi, c’est de quand ils vont faire des choix. Donc de choisir le bleuet d’ici pour toutes ses richesses nutritives, mais aussi pour tout le côté historique, économique de la région.

D’où vient cette passion, cet amour du bleuet sauvage ? Comment les Délicses du Lac sont nés au final ?

Les Délices du Lac sont nés en 1999, donc ça fait quand même un bon petit bout, d’un couple, M. et Mme Sénéchal, qui avait comme mission de transformer ce fruit emblématique, qui à l’époque était vraiment très peu transformé par les gens de la région. Donc les gens n’avaient pas d’entreprise connue qui transformait ce fruit-là, donc ils ont voulu le faire. Pendant très longtemps, environ une quinzaine d’années, ils transformaient le fruit dans leur sous-sol, puis ils vendaient ça dans des petits salons ici et là à travers le Québec. À un moment donné, Émilie, qui est passionnée, Émilie Gaudreau, qui était passionnée par le bleuet parce qu’elle avait un peu grandi dans cet environnement-là, avait acheté sa première bleuetière à l’âge de 14 ans, rencontre M. et Mme Sénéchal et font leur achat d’entreprise, elle avec sa mère et sa sœur Marie-Soleil. Sa mère, Lisette, pareil donc, décide de poursuivre tout ça. Puis là, finalement, parce que dans le fond, elle avait le désir du bleuet, qui était de transformer son fruit cueilli en produit de bleuet. Et donc, depuis ce temps-là, que nous, on travaille à travers tout ça.

Les Délices du Lac-Saint-Jean - Photo Charles Olivier

Photo Charles Olivier

Moi, dans cette équipe-là, je suis arrivée un peu plus tard. Je ne suis pas propriétaire, je fais ce qu’on appelle de l’intrapreneurship, donc c’est comme si c’était à moi, mais avec les avantages de pouvoir bien me reposer. Donc c’est que je suis productrice avec mon conjoint et je suis cueilleuse de bleuets durant la saison.

Donc la passion, elle vient d’où ? Elle fait qu’elle est tout autour de nous. Le bleuet, il y a ces lettres de noblesse qui reviennent lentement, mais sûrement à travers tout ça. Puis c’est de faire connaître cet emblème-là à travers toutes les gens qui ont envie d’en connaître. « Pourquoi le pays du Bleuet ? » Donc c’est vraiment ça. Je pense que c’est intrinsèquement relié à nous. Je fais souvent le parallèle avec mes visiteurs de l’Europe. C’est comme dire qu’en Champagne, les gens n’aimaient pas le champagne. Ça serait un peu bizarre. Ça vient de chez nous. C’est vraiment une passion de transformer ce fruit qui est très riche en plein de choses.

Quel est ton rôle à toi dans l’équipe et qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton quotidien? 

Moi, dans mon rôle, je suis responsable de l’expérience client. Donc, expérience client, c’est vraiment l’accueil de la clientèle touristique. Donc, je suis aussi guide, c’est aussi moi qui s’occupe de mes jeunes avec les étudiants pour être capable de bien raconter cette histoire-là, ce patrimoine-là qu’on a du bleuet sauvage et aussi sa transformation aux gens qui viennent nous visiter.

Mais aussi, pour ce qui est expérience client Délices. Donc, les bannières, les gens avec qui on fait affaire pour vendre nos produits transformés, les courriels, les commandes web. Donc, vraiment, pour que les gens, même s’ils ne sont pas physiquement chez nous, ressentent cette même amour, cette même passion-là pour ce qu’on fait.

Puis, qu’est-ce que j’aime le plus au quotidien ? J’aurais envie de vous dire l’équipe. Donc, on est, comme je vous disais tantôt, une grande famille. Donc, l’équipe Délices est extraordinaire. Les employeurs font en sorte aussi qu’on peut s’épanouir dans ce qu’on est le meilleur. Donc, c’est la liberté de pouvoir faire ce que j’aime et faire ce que je fais le mieux.

Récolte des bleuets - Saguenay-Lac-Saint-Jean

Photo Délices du Lac-Saint-Jean

Puisque tu es la mieux placée pour en parler, raconte-nous un peu comment se passe une visite de Délices Lac quand un client arrive, quand un touriste arrive chez vous, qu’est-ce qu’il fait typiquement ?

Typiquement, il est souvent surpris par l’odeur. Dans le fond, c’est que nous, étant donné qu’on ne pouvait pas s’installer sur une bleuetière directement, on voulait que les gens ressentent un peu quand même l’effet d’être en bleuetière. Donc, étant donné que le bleuet, physiquement, ne sent pas énormément, donc ça ne dégage pas une odeur qui est super forte. On a travaillé avec des gens de Chapin pour élaborer un mélange d’huile essentielle qui rappelle les odeurs de bleuetière. Donc, les gens qui entrent essaient d’établir comment ils ont cette émotion-là.

Donc, on les accueille quand ils vont faire la réservation ou quand ils vont participer à la visite guidée expérience serveur. C’est environ une heure. Si c’est moi, souvent, ça déborde un peu, mais mes gens sont beaucoup plus disciplinés que moi pour rester dans le… Excusez-moi l’expression, mais le target de une heure.

On a commencé avec une vidéo. Donc, les gens ont une vidéo, on commence avec ça parce que visuellement, pour les gens qui ne connaissent pas l’entreprise, qui ne connaissent pas le métier ou tout ce qui englobe l’industrie du boulot sauvage dans la région, ils voient des cailleurs, ils vont voir des tracteurs, ils vont voir vraiment visuellement. Fait que quand nous, on arrive pour expliquer, c’est beaucoup plus facile, étant donné qu’on n’est pas sur place directement. Ensuite, on parle du grand feu de 1876, qui est un élément déclencheur super important, qui va fêter ses 156 ans mardi prochain. Donc, ça fait quand même un bon bout que ce feu a pris naissance dans la région. Ce grand malheur a apporté la richesse du blé sauvage dans notre région, nous a ouvert les yeux à la présence de cette richesse-là.

On va aussi parler de la différenciation justement, comme je vous disais tout à l’heure, du bleuet sauvage versus le bleuet de Corinthe, la myrtille aussi, donc européenne, le bleuet européen. On va aussi discuter de la pollinisation, dans le rôle important des pollinisateurs dans les champs, un peu selon les questions de la façon dont la production du bleuet sauvage est faite actuellement, l’économie mondiale, un peu le système économique en lien avec tout ça. De l’histoire de Délices du Lac-Saint-Jean, évidemment, la production un petit peu.

Et là, on a le clou du spectacle que les gens apprécient énormément, c’est la dégustation. Donc, on va faire une dégustation, évidemment, environ, je vous dirais, de 5 à 6 textures différentes de ce qu’on produit. Donc, comme je vous disais tout à l’heure, confiture, les tartinades, sirop, la pâte de fruits. Puis on a vraiment, on laisse une liberté au guide de proposer ses coups de coeur. Donc selon le guide que vous aurez, vous aurez des dégustations différentes. Puis habituellement, je dirais qu’on a un 5 à 6. Des fois, on peut déborder selon la générosité du moment ou si on a le temps de le prendre avec vous, plus de produits. Puis on termine avec une pointe de tarte au bleuet chaude qui est le dessert emblématique de la région, évidemment, qui est un patrimoine aussi.

Cette visite-là, je voudrais que c’est elle qu’on fait le plus, mais aussi possible de l’ajouter à une visite au champ.

Les Délices du Lac-Saint-Jean - Photo Charles Olivier

Photo Charles Olivier

Juste avant ou juste après avoir visité les Délices du Lac-Saint-Jean, qu’est-ce que toi tu conseilles aux gens d’aller faire, d’aller voir dans la région ?

Selon le sens où ils vont, parce que dans le fond, il faut imaginer que le lac, il est rond, donc la route autour tourne, donc selon la direction où ils vont prendre, parce que nous on est vraiment à la pointe nord-ouest complètement, donc c’est d’un côté ou de l’autre, on ne peut pas s’y perdre à ce moment-là. Selon où ils vont d’aller, on va leur proposer des arrêts gourmands. Selon ce qu’ils ont envie de faire aussi. Souvent, je vais poser des questions à mes jeunes. C’est sûr que l’auto-cueillette en pleine saison, c’est beaucoup demandé. Donc, on va les référer à des volontaires à proximité qui offrent ce service-là. Ce n’est pas tout le monde qui va offrir le service d’auto-cueillette. Non, habituellement, c’est des cyclistes aussi. On a beaucoup, beaucoup de cyclistes. Donc, on va leur conseiller de profiter de la générosité des gens. L’expression, la réputation que les gens ont au Saguenay-Lac-Saint-Jean d’être très chaleureux, elle est véritable. Puis les gens, ils nous le disent vraiment. Ils ont vraiment cette… Quand on demande aux gens qu’est-ce qui les surprend le plus dans la région, c’est vraiment la chaleur des gens d’ici.

Je ne pourrais pas vous proposer un endroit précis, parce que c’est tellement variable, mais il y a des endroits touristiques environnants de nous. Il y a le Parc légendaire des Grandes-Rivières, il y a Virginie avec les douceurs de Mulan, il y a les eaux sauvages évidemment qu’on ne peut pas passer outre, les filles de chez Bouchard Artisan Bio qu’on va préférencer souvent, la chute de la Lourdes. Là, j’ai peur d’en oublier, mais dans les immédiats, je vous dirais que c’est vraiment avec qui on va travailler parce qu’on veut compléter. Puis souvent, les randonnées sont beaucoup proposées parce que ça leur permet de visualiser en forêt le bleuet sauvage.

Le temps passe vite et on a déjà dit beaucoup de choses, il y en a vraiment énormément à dire, bien sûr. Donc, on va conclure avec la question habituelle de ce podcast. Si les visiteurs ne devaient repartir qu’avec une seule chose de leur passage chez les Délices du Lac-Saint-Jean, pour toi, qu’est-ce que ce serait ?

Un beau souvenir. Parce qu’un souvenir, ça reste. Si jamais le souvenir d’un bon moment, le souvenir d’un bon produit, le souvenir d’une connexion. On a beaucoup de connexions avec notre clientèle. Donc, j’avais envie de dire un beau souvenir parce qu’ils vont référencer, ils vont nous reconsommer, ils vont nous rappeler, ils vont revenir nous voir. Donc, oui.

Je vous avais promis de parler avec quelqu’un de passionné par ses saveurs, par son terroir. Clairement, Judy c’est le cas. Merci beaucoup pour ce partage.

Ça m’a fait plaisir, Karim. C’était une joie. C’était trop court.

Effectivement. Mais pour la suite, il faudra venir te voir. Il faudra venir voir les Délices du Lac-Saint-Jean. Moi, je le ferai avec grand plaisir.

Plus d’infos : https://www.quebeclemag.com/les-delices-du-lac-saint-jean/

On vous retrouve pour un nouvel épisode de ce podcast très bientôt. On va refermer la page. Encore merci beaucoup, Judy.

Merci à toi, Karim.

Bonne fin de journée. Et puis à tout le monde, à très bientôt.

Québec Le Mag'

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