Terroir & Saveurs du Québec | Annick Joanisse – Verger de Hudson Bio


Il y a 20 ans, Annick et Eric ont pris le pari de planter des pommiers bio à Hudson, en Montérégie. Visite avec Annick du Verger de Hudson Bio

Planter un verger, déjà, c’est un beau projet. Décider de le faire à partir de rien, en bio, sur une terre que certains considéraient comme peu propice à la culture des pommes, c’est encore une autre histoire. Cette histoire, c’est celle d’Annik et d’Éric.

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Aujourd’hui, on est en Montérégie, à Hudson, où Anik et Éric ont planté leur premier pommier il y a plus de 20 ans, avec envie de produire autrement dans le respect de la terre et de la nature. Depuis évidemment le Verger de Hudson Bio, puisque c’est de lui dont parle aujourd’hui, a grandi, mais toujours avec cette même philosophie, une agriculture durable, à taille humaine, et puis le plaisir de partager tout ça avec ceux et celles qui viennent le rendre visite.

Pour nous raconter cette belle aventure, je suis aujourd’hui avec Annick Joanisse.

Bonjour Annick.

Bonjour.

Bienvenue sur le podcast de Québec Le Mag.

Merci, merci pour l’invitation.

Tu nous accueilles aujourd’hui directement dans ton verger. Est-ce que tu peux nous en parler un peu plus ? Est-ce que tu peux nous le présenter comme tu le présentes à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler ?

Oui, d’accord. Alors, relativement un petit verger pour ce qui est des vergers, de la taille des vergers au Québec, donc environ 4000 arbres, relativement petit. C’est un verger qui est en agro-tourisme. Donc, les gens viennent cueillir leurs pommes directement au verger. Et puis, nous sommes en régie certifiée biologique depuis maintenant dix ans.

C’est une vraie volonté de rester dans cette taille humaine ?

Absolument. Pour nous, c’est absolument nécessaire, en fait, dans le bio. C’est nécessaire également à grande échelle. Le bio, c’est très difficile. C’est très difficile dans la pomme, en général. Mais sur grande surface, comme la plupart de l’agriculture bio, va être plus difficile en grande surface. Donc, on utilise beaucoup des méthodes à la main, donc beaucoup de main d’œuvre. Alors oui, la taille doit rester quand même petite. Et puis, c’est un peu dans notre nature, en fait, d’être à proximité de nos clients versus peut-être une entreprise qui est un petit peu plus grosse.

Qu’est-ce qui vous a décidé, Eric et toi, à vous lancer dans cette aventure il y a plus de 20 ans maintenant ?

En fait, c’était vraiment un rêve d’enfant à Éric. Son grand-père avait un tout petit verger d’environ une dizaine de pommiers, et puis ça a toujours été quelque chose dont il me parlait. Donc, à notre rencontre, dans la jeune vingtaine, c’était vraiment quelque chose qui était prédominant chez lui, et puis qui, moi, m’a accrochée. Mes parents étaient aussi, ma famille était en entreprise familiale, en tourisme, donc ça me parlait aussi. Donc, lui l’agro, moi le tourisme, alors c’était vraiment un mariage, un mariage prédestiné.

Tout a été de tout repos ou il y a eu quelques embûches au chemin ?

Mon Dieu, il y a eu beaucoup d’embûches en chemin, puisqu’on ne vient pas de famille agricole, donc c’est vraiment première génération.

Entre autres, à nos tout débuts, qui a été une grande leçon pour nous, on plante les premiers mille pommiers avec très peu de moyens, avec vraiment juste nos petites économies, avec une passion, une fougue vraiment de la début vingtaine d’un projet de vie qu’on entreprend. Et puis, dans la première hiver, nous n’avions pas entouré le verger, en fait, d’une clôture à ce qu’on appelle chevreuil ici, donc contre les cerfs.

Donc, le premier hiver nous avons perdu 500 pommiers qui ont été mangés par les cerfs ! Donc, c’était vraiment une dure leçon, une leçon de prendre son temps et de ne pas nécessairement brusquer les choses un peu trop.

À quel moment vous vous êtes dit que vous aviez fait le bon choix, que vous étiez vraiment sur le bon chemin ?

On l’a toujours su. On n’a jamais douté.

Le verger a grandi au fur et à mesure, de tout petits arbres, des arbres d’un an, vraiment tout petits. Et puis on a fait ça vraiment de façon très organique, dans le sens qu’on y allait avec les moyens qu’on avait. Moi et Éric, on avait tous les deux, chacun un métier, donc on continuait de pratiquer nos métiers pendant que le verger prenait de l’ampleur. On a eu trois enfants, on a bâti une maison.

Hop, dix ans plus tard, on a un verger prêt à cueillir ! Donc, on est passé de seulement vendre nos pommes dans les marchés fermiers à accueillir les gens, à venir cueillir chez nous.

Qu’est-ce que vous aimez le plus aujourd’hui ? Qu’est- ce que toi, tu aimes le plus aujourd’hui dans ton métier ?

C’est encore et toujours l’accueil des gens pour moi. C’est vraiment de leur faire découvrir des nouvelles variétés. On a une vingtaine de variétés, plusieurs qui sont moins connues, puisqu’on utilise des variétés souvent qui vont être plus adaptées au bio, donc un petit peu méconnues au Québec. Donc c’est vraiment la découverte, c’est vraiment quand les gens ils craquent dans une pomme, ils connaissent pas la variété, je la décris un peu, et puis quand ils craquent dans la pomme pis les yeux, s’illuminent puis font « Waouh, mais quelle pomme extraordinaire! » Ça, pour moi, c’est la récompense ultime.

On va parler un petit peu de la région dans laquelle vous vous situez, que vous connaissez bien évidemment, ça fait plus de 20 ans que vous y êtes maintenant. Quand les visiteurs arrivent et qu’ils vous demandent conseil, qu’ils vous demandent « Qu’est-ce qu’on devrait aller voir ? » Que leur conseilles-tu ? C’est quoi, toi, tes coups de cœur ?

Donc on a vraiment une extraordinaire région, on est bordé de trois lacs, donc on a la chance d’avoir plusieurs points d’eau où on peut aller pique-niquer, où on peut aller balader, des sentiers pédestres. Le village, donc à Hudson, on est à 7 km du centre du village, un beau village vraiment très pittoresque sur le bord de l’eau. Des beaux magasins, l’accueil est vraiment très gentil. On a beaucoup de… On a des beaux restaurants également. Et on est flanqués, en fait, entre Hudson et Rigaud.

Rigaud, la petite ville d’à côté, qui, elle, a la chance d’avoir un mont, donc le Mont Rigaud, qui a encore là des sentiers de pédestres absolument extraordinaires. Et puis, pendant l’automne, donc pendant notre grande saison, notre haute saison, septembre-octobre, début octobre, il y a le Festival des couleurs à Rigaud, donc qui est le spectacle qu’offrent les couleurs à l’automne au Québec.

Est-ce que, dans ces 20 ans d’expérience, de vie dans ce verger, il y a un ou plusieurs souvenirs qui t’ont vraiment marqué et que tu aimes bien raconter ?

J’ai toutes sortes de souvenirs. J’ai des souvenirs un peu plus difficiles où on a failli perdre le verger au complet pour une maladie qui s’y est installée. On développe vraiment une résistance, une résilience plutôt à ce genre de catastrophes, où on pense tout perdre. C’est vraiment spécial comme métier de toujours un peu avoir un doute de ce que va apporter l’avenir.

Mais encore là, il y a plein, plein, plein de beaux souvenirs de mes enfants qui grandissent dans le verger, qui ont de l’espace, qui sortent dehors, qui jouent dehors tout le temps, qui sont toujours dehors. Ça, c’est vraiment pour moi les souvenirs les plus précieux.

Dernière question avant de te laisser dans ton verger et à tes occupations qui doivent être nombreuses. Si tes visiteurs ne doivent repartir qu’avec une seule chose de leur séjour, de leur passage chez toi, qu’est-ce que ce serait ?

L’échelle humaine. L’échelle humaine de vraiment profiter du moment présent, d’être dans un verger, de cueillir des pommes en toute tranquillité. On est, comme je vous disais, un petit verger. On s’organise pour qu’il n’y ait pas trop de gens en même temps dans le verger. On veut qu’ils vivent une expérience, vraiment.

Donc la quiétude, la paix, et puis la connexion avec la nature, notre rucher, les poules pondeuses qu’on a dans le verger, les poules en pâturage. Oui, juste la quiétude de la nature.

Voilà, encore une belle adresse, comme on les aime, à découvrir au Québec. On vous invite évidemment à passer au Verger de Hudson Bio.

Plus d’infos sur le Verger de Hudson Bio : Verger de Hudson Bio

Merci, Annick, pour cette visite.

Merci beaucoup.

A très bientôt. Merci pour votre écoute. Merci pour votre fidélité. On se retrouve pour un prochain épisode, pour une nouvelle rencontre avec quelqu’un d’aussi passionné qu’Annick par son terroir, par les saveurs du Québec.

Au revoir Annick.

Québec Le Mag'

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